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Le surendettement

Publié le 23/01/2008 à 12:00 par economiedroit
Le surendettement est l'incapacité pour un ménage de faire face à ses charges, qu'il s'agisse du paiement du loyer, de l'électricité ou du remboursement des prêts contractés auprès d'un organisme de crédit.

Article connexe : Faillite personnelle.

1 Le surendettement en France
2 Voir aussi
2.1 Lien interne
2.2 Liens externes



Le surendettement en France

Le surendettement a beaucoup évolué depuis la Loi Neiertz en 1989. D'origine bancaire dans la période 1990-1995, il est désormais lié à la dégradation de la situation financière et sociale de ménages, de personnes seules ou de familles monoparentales.Le surendettement est devenu le miroir de la fragilisation sociale, voire de l’exclusion dont est touchée une partie de la population française.

Le surendettement "passif " (lié aux accidents de la vie, comme le chômage ou un divorce) est majoritaire : ces cas représentent presque les trois quarts des dossiers déposés en commission de surendettement (73 %). Le surendettement causé par un excès de crédit sans modification des ressources n'est à l'origine que de 15 % des dossiers (en baisse de près de 5 points par rapport à 2001), selon une étude publiée par la Banque de France en septembre 2005.

Les commissions de surendettement sont le point d’entrée de tous les dossiers présentant une situation de surendettement. Elles ont été instituées par la loi Neiertz du 31 décembre 1989 et il en existe au moins une par département. Leur secrétariat est assuré par la Banque de France. Elles ont pour mission de rechercher des solutions, amiables ou judiciaires, aux problèmes rencontrés par les particuliers ayant contracté un endettement excessif.

La loi de rénovation urbaine du 1er août 2003 introduit une nouvelle mesure pour le traitement des situations de surendettement les plus difficiles : la procédure de rétablissement personnel.

A fin 2006, on comptait 695 000 ménages en situation de désendettementement, selon le baromètre du surendettement, sur la base des données du FICP




SME

Publié le 23/01/2008 à 12:00 par economiedroit
SME
Système monétaire européen

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Le Système monétaire européen a été créé le 13 mars 1979 après 13 mois de dures négociations. C'est le successeur du Serpent monétaire européen avec lequel il ne faut pas le confondre.

Son objectif est de stabiliser les monnaies européennes et repose sur trois piliers : le SME prévoit en effet

Un encadrement des marges de fluctuations autour d'un cours pivot de référence, l'ECU (European Currency Unit). Pour autant l'ECU n'est en rien une monnaie commune, il n'est qu'un outil virtuel déduit quotidiennement selon les cours de change des monnaies des États membres.
Un mécanisme de change qui assure un lien solide entre les monnaies nationales.
Un système de crédit qui gère la solidarité monétaire des pays.
Comme le montre la génèse du SME et l'histoire des négociations, le SME n'a pu exister que parce que la France et l'Allemagne l'avaient décidé. Le secret des négociations dans les débuts fut finalement un atout très important pour le succès des pourparlers. Trop d'intérêts croisés, politiques et économiques, auraient fait chuter le projet si la communauté financière, les hauts fonctionnaires et l'opinion publique avaient eu connaissance du dossier avant le Conseil européen de Brême. Ainsi, l'idée fut acquise que l'Europe ne peut se construire sans une volonté politique très forte.

Le 12 mars 1979, après de très longues et très âpres négociations, une communication du Conseil européen annonce : « Les conditions sont désormais réunies pour que soit mis en œuvre le mécanisme de change du Système monétaire européen ». Curieusement il n'y aura pas d'autres communications ni du Président français, Valéry Giscard d'Estaing, ni du Chancelier allemand, Helmut Schmidt. De fait peu de responsables croyaient en son avenir et la plupart des experts étaient très sceptiques sur son avenir, persuadés qu'il ne serait pas viable bien longtemps, quelques mois à peine ou même quelques semaines, et qu'il serait en tout cas incapable de résister à la sérieuse spéculation.

En fait le système se révéla stable et a atteint son objectif principal qui était de concourir à la stabilité des changes. Dès les deux premières années — 1979 et 1980, les monnaies européennes ont été plus stables qu'au cours des sept années précédentes. Puis il a bien résisté au second choc pétrolier. De plus il a bien facilité la lutte européenne contre l'inflation et a provoqué un certain rapprochement des politiques économiques.

Cependant, malgré des premiers résultats encourageants ce système monétaire se révèlera décevant. Aussi décide-t-on d'aller plus loin que le SME [1]

Sommaire

1 La génèse des négociations
2 Histoire des négociations du SME
2.1 Le sommet de Copenhague
2.2 Le sommet de Brême
2.3 Les négociations
3 Chronologie du SME




La génèse des négociations

En 1977 au début des négociations du long processus qui allait aboutir treize mois plus tard au SME, L'Europe se limitait à la politique agricole commune, à celle du charbon et de l'acier et à des tentatives plus ou moins maladroites de discipliner les taux de change. Cette discipline se voulait assurée par le Serpent monétaire européen, mais qui à cette époque là, ne rassemblait plus que l'Allemagne de l'Ouest et le Bénélux. En fait, comme le disait Jean-Yves Haberer, alors directeur du Trésor : « L'Europe est née sans identité monétaire. Les négociateurs du Traité ont concentré leur attention sur le libre échange des marchandises, sur le tarif extérieur commun et sur l'harmonisation des politiques qui peuvent influencer la circulation des biens et des personnes »; mais pas grand chose en matière monétaire.

Cette discrétion avait été voulue en 1957 pour des raisons politiques — en effet, qui aurait pu réellement imaginer une monnaie commune entre pays sortant de Seconde Guerre mondiale ? — et pour des raisons de stabilité alors assurée par les Accords de Bretton Woods. C'est de la remise en cause de ces Accords en 1971 qu'allait naître la prise de conscience de la nécessité d'une zone de stabilité monétaire en Europe. Dès 1972 est créé le Serpent monétaire européen (1972-1978), dispositif économique qui comprend pour chaque monnaie un seuil d'intervention à la vente et un seuil d'intervention à l'achat. Ainsi, une monnaie ne peut fluctuer par rapport à une autre de plus ou moins 2,25% autour de sa parité bilatérale.

En décembre 1975, Léo Tindemans, alors Premier ministre de Belgique, écrit dans son rapport sur l'Union européenne : « Un renforcement monétaire nous permettrait de rechercher une meilleure concertation des politiques économiques et monétaires entre grands ensembles afin de réduire les fluctuations, qui ont été excessives dans un passé récent entre plusieurs grands groupes de monnaie et plus particulièrement entre le Serpent et le dollar ». Cependant, l'affrontement de deux approches semble bloquer l'ouverture des négociations :

La France est favorable à la création immédiate d'un mécanisme de change européen ce qui à son avis faciliterait le rapprochement des politiques économiques.
Pour l'Allemagne et les Pays-Bas, la convergence des politiques économiques doit être le préalable obligatoire avant tout harmonisation des politiques monétaires. Ces deux pays estiment que les pays aux politiques économiques laxistes doivent d'abord faire des efforts importants en terme d'inflation et de maîtrise des changes. Les vertus des uns ne devant pas racheter les vices des autres.
Les problèmes économique lors période 1977-1978 sont importants : inflation généralisée, crise de l'acier, effondrement du dollar, qui de mars 1977 à mars 1978 perd 12,34% par rapport à la devise allemande, passant de 2,35 DM à 2,09 DM alors que la balance commerciale américaine accuse un déficit de 31 milliards de dollars pour 1977. Le gouvernement américain ne soutient pas sa monnaie et les autres monnaies européennes les uns après les autres doivent quitter le Serpent monétaire européen.

Le franc français qui avait du le quitter dès mars 1976 plonge à nouveau au moment de la campagne législative de mars 1978.
La lire italienne connaît de plus en plus de soubresauts avec la participation des communistes dans la coalition gouvernementale.
Le livre sterling, malgré une dévaluation de 30 % en 1976, est toujours très faible.
Le 27 octobre 1977, le britannique Roy Jenkins, alors Président de la Commission européenne, propose dans son discours de Florence, de frapper un grand coup en créant une monnaie unique pour les neuf pays et un budget communautaire qu'il propose de fixer à 10% de chaque PIB, car il estime qu'aucun progrès ne peut se réaliser par une politique de petits pas.

Début 1978, l'instabilité monétaire est généralisée et la situation est telle que même les échanges communautaires sont désormais menacés. Selon l'historien Peter Ludlow, fin janvier ou début février, le chancelier social-démocrate allemand Helmut Schmidt, conscient de la conjoncture et des enjeux, prend secrètement la décision, en dehors même de son cabinet, de se détourner de son allié américain et de relancer la construction européenne. L'estime partagée qui le lie au président français Valéry Giscard d'Estaing et au britannique Roy Jenkins sera le cœur de cette nouvelle alliance. Selon Renaud de la Genière, alors sous-gouverneur de la Banque de France : « Les progrès réalisés dans les domaines agricoles, politiques ou économiques n'ont pu se faire que parce qu'il y avait à la base un accord franco-allemand ».

Le 28 février 1978, le chancelier allemand confie à tous deux, sa décision secrète de relancer l'union économique et monétaire des pays de la CEE, et le 2 avril 1978, il rencontre à Rambouillet, le Président français. Ce dernier est sorti politiquement renforcé par la victoire de sa majorité lors des élections législatives de mars 1978 et le chancelier allemand a aussi politiquement les mains libres. Ils mettent au point les propositions qu'ils vont présenter ensemble lors du prochain Conseil européen à Copenhague, les 7 et 8 avril 1978, pour eux il ne s'agit plus de discuter sur l'opportunité d'un nouveau dispositif monétaire pour l'Union européenne, mais de réfléchir sur son contenu et son calendrier.


Histoire des négociations du SME

Le sommet de Copenhague

Le 7 avril 1978, lors du sommet du Conseil européen à Copenhague, après la séance plénière, les chefs d'État et de gouvernement, se réunissent au château de Marienborg, où après le dîner, lors d'une réunion discrète, Helmut Schmidt et Valéry Giscard d'Estaing dévoilent leur plan d'un nouveau dispositif différent et plus ambitieux que le Serpent monétaire, comprenant la création d'un fonds monétaire européen, l'utilisation accrue des devises européennes lors des interventions des banques centrales sur le marché des changes et l'accroissement du rôle de l'unité de compte européenne, avec comme but ultime qu'elle devienne à terme, une monnaie de réserve.

Les auditeurs sont très surpris et mécontents d'avoir été tenus à l'écart et l'accueil est plutôt froid, particulièrement de la part de l'Italien Giulio Andreotti et du Britannique James Callaghan. Du coup la seule décision prise est de conserver le plus grand secret sur ce plan, et lors de la conférence de presse du lendemain tenue par Roy Jenkins et le premier ministre danois Aker Jorgensen, il est fait juste mention que « la question de la stabilité monétaire européenne a été évoquée ». Cependant personne ne sait qu'un mini-sommet privé a eu lieu en grand secret le matin même du 8 avril 1978; et lors de ce mini-sommet, qui réunissait Helmut Schmidt, Valéry Giscard d'Estaing et James Callaghan, il a été convenu de confier la suite des négociations à un petit groupe informel et secret de trois experts constitué du gouverneur de la Banque de France, Bernard Clappier, du directeur de cabinet du chancelier, Horst Schulmann et du secrétaire au Trésor britannique, Ken Couzens.

Les négociations officielles débutent au niveau des instances communautaires :

Le comité des gouverneurs des banques centrales dans son rapport du 19 juin 1978 reprend fidèlement la position traditionnelle des banques centrales : il est nécessaire de procéder d'abord à une plus grande coordination des politiques économiques avant d'envisager de lier entre elles, les monnaies de la CEE.
Le comité monétaire, qui influencé par son président Jacques Van Ybersele avait dès janvier 1978 entamé une réflexion de fond sur la situation monétaire et l'instabilité monétaire en Europe, se montre beaucoup plus ouvert et présente quatre solutions possibles aux ministres des Finances :
Le maintien du Serpent monétaire avec deux niveaux de marge, une marge à 2,25% pour le mark allemand, le franc belgo-luxembourgeois, le florin hollandais et la couronne danoise et une deuxième marge élargie pour les autres monnaies de la CEE (franc français, lire italienne, livre sterling et livre irlandaise).
Le maintien du Serpent monétaire avec un seul niveau de marge pour les quatre premières monnaies et un objectif pour les autres par un rapport à un panier de grandes monnaies internationales.
La création d'un Fonds monétaire européen.
La création d'un nouveau mécanisme, en remplacement du Serpent monétaire, autorisant chaque monnaie à fluctuer dans une marge réduite par rapport à un panier de monnaies des neuf autres pays.
De son côté, le groupe secret des trois experts travaille sur un projet de plan qui pourra être proposé lors du prochain sommet de Brême, mais le 26 juin 1978, l'hebdomadaire britannique « The Economist » crée un coup de théâtre en révélant l'existence de ce groupe d'experts. Obligés d'aller s'expliquer auprès de tous les gouvernements d'Europe, outrés d'avoir été tenus à l'écart d'un tel processus et de surtout de l'avoir appris par la presse, ils sont reçus froidement, mais peu à peu, et avec cette fois un peu plus de franchise, ils réussissent l'exploit de tous les rallier plus ou moins à leur projet. Selon le premier ministre belge, Léo Tindemans « Le contenu était tellement fondamental qu'aucune réticence de notre part sur les principes n'était possible », et le Danemark, l'Irlande, le Luxembourg et les Pays-Bas suivent le même avis, alors que les gouvernements italien et britannique sont les plus réticents. Les britanniques, proches des États-Unis estiment que la solution à l'instabilité monétaire doit avant tout être recherchée auprès du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale.


Le sommet de Brême

Le 6 juillet 1978, lors du sommet de Brême, les chefs d'État et de gouvernement reçoivent le document élaboré essentiellement par Bernard Clappier et Horst Schulmann, le britannique Ken Couzens y ayant peu contribué. Ils estiment qu'un « système de coopération monétaire plus étroite ne pourra réussir que si les pays participants poursuivent des politiques propres à assurer une plus grande stabilité à l'intérieur et à l'étranger ». Leur projet propose :

de « créer un système aussi strict que le Serpent » avec la possibilité pour les pays à monnaie faible de « bénéficier de marges de fluctuations un peu plus importantes autour des taux-pivots».
de créer l'ECU (Unité monétaire européenne) en tant que « pilier du système » et « utilisé pour les règlements entre les autorités monétaires de la CEE ».
de créer un fonds initial destiné aux banques centrales des pays de la CEE « constitué moyennant le dépôt, d'une part d'un montant en or et en dollars (à raison de 20% des réserves détenues par les banques centrales des États membres) et d'autre part, de monnaies de pays membres pour un montant comparable ».
que « les pays participant au nouveau système coordonneront leurs politiques en matière de taux de change vis-à-vis des pays tiers ».
que « deux ans au plus tard après l'entrée en vigueur du système un Fonds monétaire européen remplacera l'actuel Fonds européen de coopération monétaire ».
Immédiatement quelques gouvernements expriment leur hostilité et leur volonté qu'un tel plan ne puisse jamais voir le jour; parmi eux les gouvernements britannique, danois, néerlandais et italien. En Allemagne fédérale, le chancelier Helmut Schmidt doit immédiatement faire face à de nombreux groupes de pression et à la communauté financière, Bundesbank en tête, qui craint le retour de l'inflation et il doit passer plus de 200 heures à convaincre ses compatriotes. Mais après que le premier ministre luxembourgeois Gaston Thorn propose de publier le projet en l'accompagnant d'un préambule mentionnant les désaccords et les souhaits de chacun, le britannique James Callaghan se retrouve complètement isolé dans son attitude d'opposition systématique et finalement accepte cette proposition. Un calendrier de travail est arrêté dans la foulée : les demandes de modifications doivent être remises avant le 31 octobre 1978 mais les négociations peuvent enfin commencer.


Les négociations

Dès le départ malgré leur entente sur le fond, les Allemands et les Français défendent deux conceptions différentes. Les Allemands veulent s'en tenir à l'unité de compte européenne, une monnaie fictive et pensent que l'ECU n'a pas de réelle utilité; alors que selon Renaud de la Genière : « Les Français voulaient faire de l'ECU la personnification monétaire de l'Europe, la clé de voûte du système. Dans un premier temps, nous voulions créer une monnaie uniquement destinée aux transactions des banques centrales. Un embryon d'unité de paiement et de règlement. Nous proposions que les banques centrales déposent auprès d'un organisme, une partie de leurs réserves d'or et de dollars, et que les dettes et les créances des neufs pays se règlent en ECU. » Finalement c'est le point de vue des Français qui l'emportera mais après d'âpres négociations.

Un deuxième point de divergence dans les négociations apparaît avec les modalités d'intervention des banques centrales, l'accord de Brême ne disant rien à ce sujet. Les Allemands et les Néerlandais sont plutôt minimalistes et estiment que les obligations d'interventions doivent uniquement dépendre des besoins de défendre la parité entre monnaies; les variations de chaque monnaie étant définies par rapport à chacune des autres monnaies, une sorte de vaste système de relations bilatérales entre les monnaies. Alors que pour les Français, chaque monnaie doit être définie par rapport à une moyenne des monnaies européennes, définie par l'ECU et l'obligation d'intervention sur les marchés des changes se déclenchant, comme l'exprima Jacques Van Ybersele : « pour une monnaie déterminée, dès lors que serait atteint l'écart maximal autorisé entre le cours pivot et la valeur de marché de l'ECU en cette monnaie. »

Le 14 septembre 1978, lors du XXXIIe sommet franco-allemand à Aix-la-Chapelle, Valéry Giscard d'Estaing et Helmut Schmidt élaborent un compromis et en font immédiatement part aux ministres de l'Économie et des Finances, puis ils vont se recueillir devant le tombeau de Charlemagne et le Président français déclarant simplement à la presse : « L'esprit de Charlemagne a soufflé sur nos travaux. »

Le 18 septembre 1978, au Conseil des ministres de l'Économie et des Finances des neuf pays, un accord est trouvé sur les modalités d'intervention sur les marchés des changes dans le sens des propositions allemandes : les banques centrales auront l'obligation d'intervenir dès que la marge de fluctuation d'une monnaie par rapport à chacune des autres monnaies sera dépassée, un peu comme dans le cadre du Serpent monétaire européen, mais de plus l'évolution des marges de fluctuation de chacune des monnaies par rapport à l'ECU sera surveillé. La dérive éventuelle des monnaies sera identifiée grâce à un indicateur de divergence. Cependant, les négociations achoppent sur le niveau de responsabilité du pays fautif : celui-ci n'aura qu'une « présomption d'action »; il s'engage à mener des actions de stabilisation au niveau de sa politique monétaire et budgétaire, mais sans que cela soit obligatoire.

Une autre question importante est traitée mais sans réelle solution, c'est celle de la répartition des crédits affectés au Fonds monétaire. En fait il s'agit de mettre en place un mécanisme d'affectation et de transferts des ressources afin d'aider les pays les moins prospères — l'Irlande et l'Italie — à être durablement intégrés dans le SME. Durant les mois qui suivirent cette question donna lieu à une véritable bataille de chiffonniers — Pierre de Boissieu parla de « mendicité organisée » — largement popularisée dans la presse et dans les opinions publiques, d'autant plus que la campagne des élections européennes de 1979 est engagée. Le ton monte :

En octobre 1978, en Grande-Bretagne, l'aile gauche du parti travailliste refuse de suivre James Callaghan sur la voie du SME, alors que le 26, L'Humanité, le journal du PCF, écrit que « Valéry Giscard d'Estaing est devenu le courtier des intérêts ouest-allemand ».
Le 6 décembre, depuis son lit d'hôpital, Jacques Chirac lance son appel de Cochin et déclare : « Comme toujours quand il s'agit de l'abaissement de la France, le parti de l'étranger est à l'œuvre avec sa voix paisible et rassurante. Français, ne l'écoutez pas. C'est l'engourdissement qui précède la paix de la mort ».
Après plusieurs réunions des ministres de l'Économie et des Finances, durant les mois d'octobre et de novembre, et d'âpres négociations, un accord présentable au Conseil européen des 4 et 5 décembre semble trouvé :

Au sujet de la marge de fluctuation, les Italiens obtiennent une marge de fluctuation élargie à 6%.
Au sujet du montant des crédits affectés, le dispositif imaginé comporte trois éléments :
un financement à court terme — 45 jours — donnant lieu à des avances de montants illimités entre Banques centrales ;
un soutien monétaire à cour terme — jusqu'à 9 mois et d'un montant maximal de 14 milliards d'ECU — destiné, en cas de difficultés imprévues, à remédier à un déficit temporaire de la balance des paiements ;
un concours financier à moyen terme - d'un montant maximal de 11 milliards d'ECU.
Lors du Conseil européen réunit les 4 et 5 décembre 1978 à Bruxelles, il s'avère qu'aucun terrain d'entente n'est possible avec les Italiens et les Irlandais sur le dossier des « concours parallèles ». Les transferts financiers demandés pour renforcer leurs économies sont jugés exorbitants et le président français Valéry Giscard d'Estaing ne veut pas donner un centime de plus, le SME démarrera sans eux. Cependant, les négociations reprennent et au bout d'une semaine l'Irlandais Jack Lynch et l'Italien Giulio Andreotti décident de participer au SME dès sa création, le 1er janvier, à huit pays — sans la Grande-Bretagne.

Mais, un autre problème se pose avec les Français qui voudraient obtenir la suppression des montants compensatoires frappant les échanges de produits agricoles et menacent de ne pas participer au SME tant qu'une solution ne sera pas trouvée. La négociation sur ce point va durer trois mois et ce n'est que le 13 mars 1979 que le SME pu enfin voir le jour.


Chronologie du SME

Le 13 mars 1979, le SME entre en vigueur, mais dès le 23 septembre 1979 il subit son premier réaménagement — le mark allemand est réévalué de 2% et la couronne danoise est dévaluée de 3%. Les marchés des changes restent calmes.

En décembre 1980, le Conseil européen réunit à Luxembourg reportent aux calendes grecques la création du Fonds monétaire européen et les dispositions qui devaient assurer « l'utilisation pleine et entière de l'ECU en tant qu'avoir de réserve et instrument de règlement » en déclarant que le passage à la phase institutionnelle se fera « au moment opportun ». Ce recul est du à de nombreuses et puissantes pressions politiques internes en particulier celles de la Bundesbank en Allemagne et du RPR en France.

En octobre 1981, première dévaluation du franc français, suivie en juin 1982 par une deuxième dévaluation, marquant les premiers échecs de la politique socialiste des gouvernements Pierre Mauroy.

Le 21 février 1982, le franc belge est dévalué de 8,5%. Cette dévaluation importante marque un tournant majeur dans la vie politique belge qui désormais va connaître l'austérité.

Le 21 mars 1983, troisième dévaluation du franc français qui marque le besoin d'austérité et de changement dans la politique économique et financière du pays. Depuis juin 1982 et la deuxième dévaluation, la France connaît un grand débat entre les pro-européens de droite comme de gauche qui prônent la rigueur et le maintien de la France au sein du SME et une grande partie de la gauche qui milite pour la sortie du SME, l'instauration de barrières douanières contraignantes, la relance de l'économie par une injection massive de monnaie quitte à ce que le franc français subisse une dévaluation massive. Les pro-européens finirent par gagner la partie — victoire concrétisée le 17 juillet 1984 par l'arrivée aux affaires du Gouvernement Laurent Fabius.

Le 15 mars 1985, les gouverneurs des banques centrales finissent par signer un accord dans le but d'inciter l'utilisation officielle de l'ECU à la place du dollar américain comme instrument de réserve et dans leurs interventions sur le marché des changes lorsqu'il leur faut assurer la stabilité des cours des monnaies européennes. Pour cela il est décidé de revaloriser les taux d'intérêts servis sur l'ECU.

Le 2 décembre 1986, le Conseil européen à Luxembourg décide que l'union monétaire devra être écrite dans le texte révisé du traité de Rome, institutionnalisant de ce fait le SME et l'ECU.

Le 16 juin 1989, l'Espagne décide d'intégrer la peseta dans le système monétaire européen

Monnaie forte, monnaie faible :faut-il choisir ?

Publié le 23/01/2008 à 12:00 par economiedroit
Monnaie forte, monnaie faible :faut-il choisir ?

Voila un article qui a vieilli mais qui peut être utile dans la compréhension de la problématique actuelle...

Alternatives économiques

Monnaie forte, monnaie faible :faut-il choisir ?

Article paru dans le numéro 163 d’Octobre 1998.

Son auteur ARNAUD PARIENTY s’interroge sur le futur de la monnaie européenne, l’Euro

L’Euro sera-t-il FORT contraignant ainsi les entreprises à des efforts de compétitivité ,

OU au contraire,

L’Euro sera-t-il FAIBLE afin de conquérir des parts de marché.

En fait , il propose de ne pas avoir d’objectif de change précis et d’utiliser les taux d’intérêt pour favoriser le plein-emploi et la stabilité des prix.

1.monnaie forte ?

A)La notion de monnaie forte a plusieurs sens :

Une monnaie est dite fort lorsqu’elle est surévaluée par rapport au niveau qui assurerait une égalité approximative des prix à l’export et de ceux des pays concurrents.

Une monnaie peut également être forte si elle s’apprécie régulièrement face aux autres monnaies.

REMARQUE :Une monnaie a d’autant plus de chances de s’apprécier qu’elle est sous évaluée !

B)L’appréciation de la monnaie peut être obtenue de 2 manières :

_ Soit , comme le MARK dans les années 80,à la suite d’une politique de lutte contre l’inflation (en plus d’un faible taux de chômage et d’un commerce extérieur excédentaire).

_ Soit en pratiquant des taux d’intérêt réels (inflation déduite)plus élevés qu’à l’étranger.Mais cette politique ne peut réussir que si les opérateurs jugent que le pays a la capacité de maintenir la valeur de la monnaie malgré les problèmes qu’elle engendre.

La situation de l’Allemagne durant les années 80 illustre ce qu’est une monnaie forte :

Possibilité de pratiquer des taux d’intérêt bas sans craindre la fuite des capitaux et la dépréciation de la monnaie.

Contraindre les entreprises à s’améliorer pour rester compétitives.

Facilite la stabilité des prix.

Mais l’Europe n’est pas l’Allemagne et les temps ont changé : cette situation semble difficile à reproduire.

De plus il n’existe aucun exemple de pays qui ait pu concilier forte monnaie et forte croissance.

Le choix d’une monnaie forte est celui de la " vertu " en matière de finances publiques et de taux d’intérêt pour acquérir de la crédibilite,car l’Euro doit faire ses preuves.

(La croissance et le plein-emploi y trouveront-ils leur compte ?)

2.Une monnaie faible pour une économie forte ?

A)Une stratégie perdante ?

Rappelons que les miracles allemand et japonais n’ont été rendu possible que par la dévaluation du mark et du yen sur la période 49-65 pour le premier et jusqu’au milieu des années 80 pour le second !

B)A priori, le choix d’une monnaie faible est absurde.

L’Europe dispose d’une ressource excédentaire, le TRAVAIL :Une monnaie faible aurait pour effet d’attirer les activités et les emplois. Cependant, un taux de change bas est inutile si la hausse des prix intérieurs annulent les gains de compétitivité obtenus.(Situations identiques en Italie et au Royaume-Uni il y a 20.

C)Une politique difficilement perçue comme amicale.

Cette politique signifie que du chômage apparaît dû fait que nous vendons à nos partenaires des produits qu’ils pourraient produire(Cette situation n’a été que TOLERE pour des pays en reconstruction ou de petite taille). Cette politique fait apparaître des sources de tensions et de déséquilibre.

L’Europe doit sans doute plutôt s’orienter vers une croissance retrouvée que dans une guerre commerciale.

3.L’Europe peut-telle pratiquer une douce insouciance ?

" Benign Neglect "

Sauf mouvement exceptionnel, les Etats-Unis mènent leur politique monétaire sans se soucier du cours du $ : Cette attitude est qualifiée de DOUCE INSOUCIANCE ou Benign Neglect.

L’insouciance américaine permet donc d’utiliser les taux d’intérêt par rapport à des objectifs strictement internes, comme le plein-emploi et la stabilité des prix. Elle est rendue possible par la faible ouverture des Etats-Unis sur l’extérieur et par le fait que leur marche financier leur assure de toujours pouvoir financer un déficit.

B)Cas possible en Europe ?

Tout comme les Etats-Unis, l’Europe devrait pouvoir laisser le taux de change aux aléas du marché, grâce à sa faible ouverture et ses échanges extérieurs .

Comme on le voit, plusieurs possibilités sont offertes et le choix incombera au instances politiques européennes , notamment du conseil des ministres, dont la BCE n’est que l’exécutant

(BCE :Banque Centrale Européenne)



commentaire :

Au travers de cet article, est mis en évidence l’importance de la future dépréciation de la nouvelle monnaie Européenne, celle-ci agissant sur la compétitivité et le niveau du taux d’intérêt , 2 déterminants essentiels de la croissance et de l’emploi.

Certains faits font penser que l’Euro sera handicapé par un manque de crédibilité de la BCE, surtout dû à certains pays moins prompts à lutter contre l’inflation et à rester stable(comme l’Italie), et ceci malgré une forte crédibilité de la Bundesbank.

Par contre il paraît peu probable que les gouvernements Européens penchent pour un Euro faible dans le but d’un commerce mondial agressif, difficilement toléré au niveau mondial, ou bien un dans le but d’un surplus d’épargne a l’étranger.

Enfin il paraît claire que la politique économique européenne sera plutôt tournée vers un Euro fort avec u fort pouvoir d’achat.

Depuis le début 1999, l’Euro bénéficie désormais d’un taux de change a coût fixe, fixé à 6.55957 francs. Il est par conséquent à un niveau plutôt élevé, et même supérieur à celui du dollar, l’actuelle monnaie dominante dans le commerce mondial. L’Europe ,à travers sa monnaie semble avoir pour objectif une reconnaissance mondiale.

Anthony Tes 3 1998/99

UEM

Publié le 23/01/2008 à 12:00 par economiedroit
UEM
Union économique et monétaire

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Un groupe de pays forme une Union économique et monétaire lorsqu'ils adoptent une monnaie unique et qu'ils ouvrent leurs marchés économiques pour former une zone de libre-échange.

La principale union économique et monétaire dans le monde est l’Union économique et monétaire de l'Union européenne, c'est-à-dire la zone euro, qui est souvent dénommée simplement Union économique et monétaire.

Sommaire

1 Définition
1.1 L’union monétaire, une étape de l’intégration économique
2 L'UEM de l'Union européenne
2.1 Historique
2.2 La zone euro est-elle une zone monétaire optimale ?
3 Notes et références
4 Voir aussi
4.1 Articles connexes
4.2 Liens et documents externes



Définition

Une union économique et monétaire (UEM, ou en anglais EMU pour Economic and monetary union) doit remplir un certain nombre de critères pour qu'elle soit efficace économiquement.

Article détaillé : zone monétaire optimale.

L’union monétaire, une étape de l’intégration économique [modifier]
Pour Bela Balassa[1], l’union économique et monétaire correspond à la cinquième et ultime phase d’intégration économique avec la création d’une monnaie commune. Elle est généralement précédée de 4 étapes intermédiaires :

la zone de libre-échange qui correspond à une suppression des droits de douanes et des limitations quantitatives d’importations entre les pays membres ;
l’union douanière qui est une zone de libre-échange dotée d’un tarif extérieur commun (TEC) ;
le marché commun, une union douanière où les facteurs de production peuvent circuler sans entraves d’un pays à l’autre ;
l’union économique, un marché commun marqué par l’harmonisation des politiques économiques des différents États-membres.
On peut remarquer que bien qu’étant parvenu à réaliser une union monétaire, l’Union européenne peine toutefois à harmoniser les politiques économiques des États-membres.

Au plan historique, l’union économique et monétaire peut apparaître comme l’étape précédant l’union politique, suivant en cela l’exemple du Zollverein, union douanière de 1834 qui, après avoir suivi une évolution semblable à celle décrite par Bela Balassa, aboutit à l’unification allemande en 1870.


L'UEM de l'Union européenne

Certains pays ont renforcé cette union en formant une union économique et monétaire, fondée par le Traité de Maastricht. Celle-ci est consituée de la zone euro et de son « antichambre », le mécanisme de taux de change européen.


Historique

Article détaillé : Histoire de l'Union économique et monétaire européenne.

La zone euro est-elle une zone monétaire optimale ?

Article connexe : zone monétaire optimale.
Le fait que l’ensemble formé par les pays membres de la zone euro satisfasse aux critères justifiant la mise en place d’une union monétaire est souvent mis en doute. En particulier, la mobilité des travailleurs entre pays membres est faible, et il n’existe pas véritablement de contrainte d’harmonisation des politiques économiques menées par les différents pays. Le budget des administrations européennes, très faible, n’est pas à même de permettre des transferts monétaires importants entre pays qui permettraient d’harmoniser les niveaux de vie.

La pertinence des critères de Balassa comme grille d'analyse de la viabilité d'une zone monétaire est parfois mise en doute.

Certains insistent sur le haut degré d’intégration commerciale, d’autres notent que les différences économiques et les chocs asymétriques existent toujours. Par exemple la réunification allemande en 1990 a nécessité une importante rigueur budgétaire et monétaire en Allemagne, rigueur qui dans le cadre du Système monétaire européen s’est aussi imposé aux autres membres de ce système, en particulier à la France qui en a souffert au plan économique.

Concernant les critères de Béla Balassa, la zone euro ne remplit qu'une partie des critères théoriques :

Mobilités des facteurs : non, dans la réalité, la mobilité des travailleurs est faible (mais en augmentation)
taux d'ouverture compris entre 30 et 92% : oui
Homogénéité des préférences : Vraisemblablement oui (proximité des cultures)
Diversification des productions : oui
Transferts fiscaux : non, les politiques de stabilisation par transferts sont assez faibles

Notes et références
↑ Bela Balassa, The theory of economic integration, 1961



Articles connexes
Zone euro
EuroSystème, Banque centrale européenne
Système européen de banques centrales (SEBC) et Mécanisme de taux de change européen (MCE)
Système monétaire européen (et son prédécesseur, le serpent monétaire européen)
Eurogroupe
Franc CFP, union économique et monétaire française dans le Pacifique, partiellement liée à la zone euro
Franc CFA, deux unions économiques et monétaires africaines, partiellement liée à la zone euro
Franc Suisse, union économique et monétaire de la Suisse et du Liechtenstein, partiellement liée (unilatéralement) à la zone euro
Dollar US, union monétaire de facto, mais non économique
Dollar de la Caraïbe orientale, union économique et monétaire (partielle) de l’Organisation des États de la Caraïbe orientale, liée au dollar US

Qu’est-ce que l’Europe sociale ?

Publié le 23/01/2008 à 12:00 par economiedroit
Qu’est-ce que l’Europe sociale ?
Qu’est-ce que l’Europe sociale ?

L’Europe sociale désigne l’ensemble des politiques sociales de l’UE. Elles agissent par rapprochement des législations nationales des pays membres grâce à l’action communautaire. Elle traite de l’emploi, des conditions de travail et de la protection sociale. Certains domaines sont exclus du champ communautaire (ex : rémunération, droit d’association et de grève).

La politique sociale est progressivement devenue une composante importante du projet européen. En 1987, l’Acte unique étend les compétences communautaires à la santé et à la sécurité au travail. Les traités de Maastricht (1992) et Amsterdam (1997) renforcent la politique sociale européenne, la question de l’emploi devenant "d’intérêt communautaire" et nécessitant une stratégie de coordination.

Le Conseil européen de Lisbonne (mars 2000) a même fixé comme objectif le plein-emploi à l’horizon 2010 et la modernisation du modèle social européen.

Les réalisations de l’UE en matière d’Europe sociale concernent quatre grands domaines :

la libre circulation des travailleurs et la coordination des régime de sécurité sociale : tout ressortissant de l’UE a le droit de travailler, sans discrimination, dans un autre pays membre et d’y être socialement assuré ;
l’égalité des hommes et des femmes : 5 directives ont été prises depuis 1975 pour garantir l’égalité de traitement au travail, de rémunération et de sécurité sociale ;
le droit du travail : protection des droits individuels, collectifs et garantie de la santé et de la sécurité sur le lieu de travail ;
la lutte contre les discriminations.
En décembre 2000, le Conseil européen de Nice a adopté une Charte des droits fondamentaux, rassemblant les droits politiques, économiques et sociaux, mais qui pour l’instant n’a pas de valeur contraignante pour les États membres. Un agenda social européen y a également été signé qui constituait la feuille de route de la politique sociale de l’UE pour les 5 ans à venir.

L’Europe sociale est néanmoins limitée par la volonté des États de rester maître de leur politique en matière de droit du travail et de fiscalité.

Politique agricole commune

Publié le 23/01/2008 à 12:00 par economiedroit
Politique agricole commune
Politique agricole commune



Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.


Drapeau de l'UELa Politique agricole commune (PAC) est une politique mise en place à l'échelle de l'Union européenne, basée principalement sur des mesures de soutien des prix et de subventionnement, visant à moderniser et développer l'agriculture. Elle relève de la Direction Générale « Agriculture et développement rural » [1] de la Commission européenne.

La PAC s’applique aussi aux produits de la pêche ainsi qu’aux produits de première transformation.


Origines et évolution de la PAC

La politique agricole commune (PAC) est la plus ancienne et la plus importante des politiques communes de l’UE (45 % du budget européen). Créée par le traité de Rome en 1957, elle a été mise en place en 1962. Ses objectifs sont :

d’accroître la productivité de l’agriculture ;
d’assurer un niveau de vie équitable à la population agricole ;
de stabiliser les marchés ;
de garantir la sécurité des approvisionnements ;
d’assurer des prix raisonnables aux consommateurs.
Depuis, s’y sont ajoutés les principes de respect de l’environnement et de développement rural.

Le Conseil de l’Union européenne (Conseil des ministres) adopte les actes de bases de la PAC et la section Garantie du FEOGA (Fonds européen d’orientation et de garantie agricoles) finance le soutien des marchés.

Les agriculteurs bénéficient :

d’aides indirectes, les "prix garantis", qui leur assurent aux agriculteurs un prix minimum pour leur production en comblant la différence entre prix du marché et prix garanti ;
des aides directes au revenu depuis la réforme de 1992 : en échange d’une baisse des prix garantis, l’UE verse des aides proportionnelles à la superficie de l’exploitation.
Par ailleurs, la préférence communautaire permet d’isoler l’agriculture européenne des variations des prix mondiaux en lui accordant des avantages en matière de prix par rapport aux produits importés.

La PAC est critiquée en raison de la difficulté à stabiliser son budget, des problèmes de fonctionnement posés par l’élargissement à 25 et de l’inégalité des aides qui profitent aux pays producteurs et aux propriétaires d’importantes exploitations, puisque les aides sont proportionnelles aux quantités produites.

Les réformes de 1992 et 1999 ont cherché à la rapprocher du marché en baissant les prix garantis et en les remplaçant par des aides directes. La dernière réforme du 26 juin 2003 les poursuit et tente de résoudre le problème des difficultés de financement lié à l’élargissement. Désormais, les aides ne seront plus liées à la production. Les agriculteurs toucheront un paiement unique par exploitation et à la condition de respecter des normes européennes en matière d’environnement et de sécurité alimentaire.


Productivisme et protectionnisme

Le traité de Rome, signé le 25 mars 1957 par les membres fondateurs de la CEE[2], a donné à la PAC une orientation résolument productiviste, car il fallait augmenter la production agricole, et protectionniste, car la construction d’une union douanière nécessitait une protection aux frontières. Il s'agissait alors de rendre la Communauté autosuffisante, plus solidaire et de moderniser un secteur agricole encore très disparate selon les pays.

La PAC a été l’un des fondements de la construction européenne. Elle a été une incontestable réussite sous certains aspects : modernisation de l'agriculture, développement de la production, immenses gains de productivité qui ont fait de l’Union le 2e exportateur mondial, autosuffisance alimentaire[3], mais elle a rencontré de redoutables écueils avec des crises liées à la surproduction de nombreux produits, aux variations de change des monnaies, à l'entrée de nouveaux membres, à l'opposition avec d'autres exportateurs dans le cadre du GATT puis de l'OMC et à l'explosion des coûts supportés par le budget communautaire, et principalement par l'Allemagne.


Le contexte de la création de la PAC

Il existait déjà dans les six pays fondateurs de la Communauté européenne, des politiques agricoles nationales, non coordonnées. Cela s’explique par la nature de la production agricole qui ne peut pas être laissée totalement soumise au libre jeu du marché. Il y a en effet trop d’aléas, liés à de multiples facteurs : aléas climatiques, multiplicité des intervenants, délais entre la prise de décision et les effets sur le marché, difficulté de stockage de certains produits… , qui affectent la production ainsi que la consommation. Cela se traduit par des fluctuations très importantes des niveaux de production, et par conséquent des variations de prix parfois insupportables, tant par les producteurs que par les consommateurs.

Le traité de Rome instituait aussi le principe de libre circulation des marchandises, qui était par définition incompatible avec des mesures de soutien du marché au niveau national, car cela aurait faussé le jeu normal de la concurrence.

Les six pays fondateurs n’assuraient pas, à des degrés divers, leur autosuffisance (assurée à 80 % seulement en moyenne) pour la plupart des grands produits alimentaires, et dépendaient donc d’un marché mondial très instable.

Le niveau de développement de l’agriculture, qui représentait à l’époque 22 % de la population active de la Communauté, était très inégal et le besoin d’une modernisation des structures agricoles paraissait évident.


Les fondements de la PAC

Le traité de Rome définit les bases de la PAC en son titre II qui traite de l’agriculture et notamment, en son article 33 (précédemment, article 38), lui assigne cinq objectifs précis :

accroître la productivité de l'agriculture en développant le progrès technique et en assurant une utilisation optimale des facteurs de production, notamment de la main-d'œuvre ;
assurer un niveau de vie équitable à la population agricole, notamment par le relèvement du revenu individuel de ceux qui travaillent dans l'agriculture ;
stabiliser les marchés ;
garantir la sécurité des approvisionnements ;
assurer des prix raisonnables aux consommateurs.
L’article 34 (précédemment, article 39) du Traité prévoyait la mise en place d’une organisation commune des marchés agricoles, pouvant prendre trois formes :

des règles communes en matière de concurrence ;
une coordination obligatoire des diverses organisations nationales de marché ;
une organisation européenne du marché.
La Conférence de Stresa qui s’est tenue du 3 au 11 juillet 1958 (à ne pas confondre avec la conférence de Stresa du 14 avril 1935), a défini les grands principes de la PAC :

l'unicité du marché, corollaire de la libre circulation des marchandises, qui souffrira des variations monétaires avant l'arrivée de l'euro ;
la préférence communautaire, qui protège le marché européen des importations à bas prix et des fluctuations du marché mondial (ce point a cristallisé l'opposition des grands exportateurs : États-Unis, Canada, Australie et, même après son entrée dans la Communauté, de la Grande-Bretagne qui s'approvisionnait préférentiellement dans le Commonwealth) ;
la solidarité financière, les dépenses imposées par la PAC étant prises en charge par le budget communautaire ;
des prix minimum garantis pour les producteurs.

Chronologie des réformes successives

Des réformes successives ont été entreprises, non sans mal à cause de la difficulté à trouver un consensus (en gras les deux révisions majeures de la PAC) :

1971 : à la suite du plan Mansholt, mise en place d'une politique d'amélioration des structures agricoles ;
1984 : résorption des excédents, avec la mise en place de quotas de production, notamment dans le domaine laitier, et une politique de réduction des prix de soutien ;
1988 : mise en place d'une discipline budgétaire pour encadrer les dépenses, avec la fixation d'une enveloppe maximale annuelle de dépense, et le gel des terres (improprement comparé à la jachère agronomique);
1992 : réorientation de la politique de soutien, les prix garantis se rapprochent du niveau des cours mondiaux ; première orientation vers une politique de l'environnement avec l'instauration de mesures agri-environnementales en co-financement avec les États membres ; les stocks régressent ;
1999 : soutien au développement rural et fixation d'un cadre financier pour la période 2000 - 2006 ; cette réforme est destinée à préparer l'arrivée de 10 nouveaux membres et à rendre la PAC compatible avec les règles de l'OMC ;
2003 : Accords de Luxembourg menés par le commissaire européen, Franz Fischler. Pour se mettre en conformité avec les prescriptions de l'OMC, la nouvelle PAC introduit le découplage (c’est-à-dire que l'exploitant agricole n'est plus obligé de produire pour toucher une aide) des aides et entérine la diminution progressive des restitutions à l'exportation. Il introduit également la notion de conditionnalité, les aides découplées sont versées à la condition que l'agriculteur respecte les bonnes conditions agricoles et environnementales ainsi que le bien être animal.
2008 : un « bilan de santé » de la PAC est prévu par la commissaire européenne à l'agriculture, Mariann Fischer Boel, afin d'évaluer les politiques en place et d'anticiper les évolutions à l'horizon 2013 (fin du financement actuel garanti). Un premier état des lieux publié fin novembre 2007 suggère de rendre l'agriculture européenne plus « compétitive » et respectueuse de l'environnement, passant entre autres par une baisse des subventions liées à la production et une plus grande aide au développement rural[4]. Philippe Chalmin plaide lui pour une libéralisation totale du marché des céréales[5].

Mécanismes

Types d'intervention
La PAC intervient de différentes manières dans les échanges économiques agricoles :

par le biais de subventions directes aux exploitations (ex : céréales)
par le biais de barrières douanières et de restitutions à l'exportation (ex : viande bovine)
par le biais de limitation de la production (quotas) (ex : quota laitier en Europe, gel des terres)
par le biais d'aides à la commercialisation (ex : beurre, distillation des produits de la vigne)
par le biais d'aides à la promotion des produits (ex : fruits)
par le biais d'aides à l'investissement dans les industries agroalimentaires (mesure "g" du développement rural)
Chaque organisation commune de marché utilise, suivant les produits, des mécanismes spécifiques aux filières.

Plus généralement, la Commission européenne définit, par le biais de la PAC, le cadre réglementaire dans lequel des denrées agricoles peuvent être produites ou introduites en Europe.


Organisation

les organisations communes de marché (OCM) ;
Le financement, assuré par le Fonds européen d'orientation et de garantie agricole (FEOGA), qui a été organisé en deux sections en 1964 :
la section « orientations », qui aide aux réformes agricoles structurelles ; cette section fait partie des fonds structurels. Le budget alloué à ce volet de la PAC a été de 4,3 milliards d'euros en 2003, utilisés pour la modernisation de l'agriculture, l'installation de jeunes agriculteurs, le développement rural, etc. ;
la section « garantie », de loin la plus importante, sert à financer les dépenses liées à l'organisation commune des marchés. En 2003, 39,4 milliards d'euros ont été consacrés à ce volet (aides directes, soutien des marchés, stockage, etc.). Depuis 1988, le rythme annuel d’augmentation de ces dépenses ne doit pas excéder 74% de l’évolution annuelle du PNB communautaire.
La PAC dispose de quatre types de ressources propres : les droits agricoles (taxes de co-responsabilité en cas de dépassement des plafonds de production) constituent 2% des ressources, les droits de douanes (prélèvements aux importations)(15%), la TVA (38%), et le PNB des pays nationaux (43%)

Deux « piliers »

Le Conseil européen de Berlin des 24 et 25 mars 1999 a décidé de compléter la dimension de la PAC portant sur le soutien des marchés et des prix agricoles (le « 1er pilier » de la PAC) par un « 2e pilier » consacré au développement rural, et centré sur :

l’amélioration de la compétitivité de l’agriculture et de sa multifonctionnalité ;
la promotion de la protection de l’environnement en agriculture ainsi que des mesures forestières contribuant au développement durable ;
la participation au développement des territoires ruraux.

Principaux produits faisant l'objet d'une organisation commune des marchés [modifier]
Ces produits, listés en annexe I au Traité, ne couvraient à l'origine que la moitié de la production agricole. Cette liste a été très étendue par la suite.

Alcool éthylique
Bananes
Céréales
Floriculture
Fourrages séchés
Fruits et légumes
Fruits et légumes transformés
Houblon
Lin et chanvre
Matières grasses (dont huile d'olive et oléagineux)
Œufs
Porc
Produits laitiers lait, beurre, poudre de lait, caséines, etc.
Riz
Semences
Sucre
Tabac
Viande bovine
Viandes ovine et caprine
Vin
Volailles
Liste complète

Financement

Coût de la PAC
La PAC représente environ 40 % des dépenses dans le budget européen (mais celui-ci est relativement faible par rapport aux budgets des États membres ; les ressources de l'Union européenne sont en effet composées d’un prélèvement de 1 % de la TVA et d'une cotisation plafonnée à 1,03 % du PNB communautaire).

En 2002, le coût net de la PAC s'est élevé à 45,36 milliards d'euros, soit 46,1 % du budget total de l'Union européenne (à 15). Les dépenses totales se sont élevées à 47,26 milliards (dont 44,25 au titre du FEOGA-garantie et 2,95 au titre du FEOGA-Orientation) et les recettes à 1,89 milliard (dont 1,21 au titre des prélèvements). Toutefois la PAC reste l'une des seules politiques communes européennes.

L'Union européenne n'est pas la seule à soutenir sa production agricole. À titre de comparaison voici le niveau des aides de quelques pays importants, comparés selon différents critères (source OCDE) :

Rapport Attali :

Publié le 23/01/2008 à 12:00 par economiedroit
Rapport Attali :


Sarkozy adhère "à l'essentiel" mais...(Europe1, 23/01/2008, 12h48)

193 commentaires 316 propositions pour libérer la croissance française, c'est l'ambition du rapport de la commission Jacques Attali. Le document, qui déchaîne la polémique, a été remis ce mercredi midi au chef de l'Etat. Nicolas Sarkozy a affirmé lors de la cérémonie qu'il adhérait "à l'essentiel" des conclusions. Il a toutefois rejeté la suppression des départements et du "principe de précaution". Nicolas Sarkozy a annoncé la réunion d'un séminaire gouvernemental début février pour décider des "mesures prioritaires".


316 propositions dont 20 mesures phares pour permettre à la France d'obtenir un point supplémentaire de croissance d'ici 4 ans et une chute du taux de chômage à 5%, c'est l'ambition du rapport de la commission Jacques Attali officiellement présenté mercredi midi à Nicolas Sarkozy. Hétéroclites, parfois iconoclastes, les 316 propositions balayent un très grand nombre de thèmes, avec une large place faite à l'enseignement, au développement durable, à l'innovation, au marché du travail ou encore aux mesures en faveur des PME. Parmi les mesures, on retiendra l'idée de faciliter l'immigration pour faire face aux pénuries de main-d'oeuvre dans certains secteurs, la suppression des départements dans les dix ans à venir. Le rapport propose aussi d'ouvrir les professions réglementées (pharmaciens, taxis, vétérinaires, coiffeurs, notaires, etc.) à la concurrence et la libéralisation du commerce. La commission Attali préconise de considérer la formation de tous les chômeurs comme une activité nécessitant rémunération ou la réforme de la représentativité syndicale.
Nicolas Sarkozy a affirmé qu'il adhérait "à l'essentiel" des conclusions de la commission Attali mercredi lors de la cérémonie de remise à l'Elysée. Le président de la République a ajouté que "si certains ont été effrayés par le contenu de vos propositions, moi je les trouve plutôt raisonnables dans l'essentiel". Nicolas Sarkozy a jugé nécessaire de réformer certaines professions réglementées, estimant qu'il existe des "réglementations parfaitement obsolètes", comme celle des taxis. Le président s'est prononcé pour la "négociabilité" des conditions de ventes des fournisseurs à la grande distribution dans le cadre de la réforme de la loi Galland régissant les relations entre les uns et les autres.


Mais le chef de l'Etat a aussi concédé "quelques désaccords", notamment sur l'idée de supprimer le "principe de précaution". "Proposer sa suppression au motif qu'il bride l'action repose à mon sens sur une incompréhension", a dit le chef de l'Etat, pour qui cette suppression serait en contradiction avec la volonté de favoriser le développement durable. Nicolas Sarkozy a aussi déclaré ne pas être favorable à la suppression des départements, qui ont "la légitimité historique". Sur les actions de groupe, il a demandé "à réfléchir car je ne voudrais pas avoir tous les inconvénients de la société américaine sans en avoir tous les avantages". Nicolas Sarkozy a annoncé la réunion d'un séminaire gouvernemental début février pour décider des "mesures prioritaires".
Jacques Attali demande lui de reprendre l'ensemble des mesures proposées par la commission. "Aucune des mesures qui est là ne peut s'appliquer sans être fait dans un ensemble. On ne peut pas supprimer les freins sur la roue gauche d'une voiture sans supprimer les freins sur la roue droite", a dit l'ancien conseiller de François Mitterrand lors de la cérémonie. Jacques Attali a assuré que le rapport était "libre et non libéral", "juste et non partisan" et construit avec "l'obsession de protéger les faibles" pour changer une "France plombée par des rentes, des connivences, des privilèges". "Notre rapport est techniquement applicable, financièrement équilibré, sans augmenter les impôts", a-t-il ajouté.


La polémique avait déjà été lancée... Les députés UMP ont dit mardi refuser de se faire imposer in extenso les plus de trois cents propositions du rapport. Ils exigent être partie prenante du futur débat législatif. "Le Grenelle de l'environnement a été l'exemple de ce que nous ne voulons pas. On n'a pas digéré d'en être les oubliés. Il ne faut pas que cela se reproduise avec le rapport Attali. Nous ne sommes pas dans l'optique du tout ou rien", a averti le patron du groupe UMP, Jean-François Copé. A gauche, François Hollande a affirmé mardi qu'il y avait "beaucoup de mesures extrêmement préoccupantes" notamment la hausse de la TVA et de la CSG. De son côté, l'Union sociale pour l'habitat (USH, qui regroupe les organismes HLM) s'est dite "inquiète" face aux propositions pour le logement social. Certaines mesures sont jugées "curieuses" voire "dangereuses" par l'USH, qui a épinglé un "manque de cohérence" et une "méconnaissance" du sujet.


Après l'Asie, les Bourses européennes dans la tourmente

Publié le 22/01/2008 à 12:00 par economiedroit
AFP - mardi 22 janvier 2008, 10h50

Après l'Asie, les Bourses européennes dans la tourmente


Les Bourses européennes étaient dans la tourmente mardi matin, pour une deuxième journée consécutive, et plusieurs d'entre elles ont ouvert la séance en très forte baisse, avant de se ressaisir, alors que les places asiatiques ont été en proie à la panique sur des craintes de récession aux Etats-Unis.

La Bourse de Londres est repassée dans le vert vers 09H00 GMT, le Footsie-100 gagnant 0,57% à 5.609,90 points après notamment des propos du commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires Joaquin Almunia qui n'envisage pas de récession mondiale.

Le Footsie avait pourtant cédé 2,83% à l'ouverture tout comme les autres places européennes: 3,95% pour l'Ibex à Madrid, 3,88% pour le Dax à Francfort, et 2,57% pour le CAC 40 à Paris.

Les marchés s'inquiètent toujours d'une possible récession aux Etats-Unis.

M. Almunia s'est cependant voulu rassurant, en affirmant qu'il n'y avait pas de risque de récession mondiale généralisée.

"On ne parle pas d'une récession mondiale. On parle du risque d'une récession américaine", a-t-il indiqué avant une réunion à Bruxelles des ministres des Finances de l'UE.

Le commissaire européen a émis l'espoir que les marchés retrouveront leur calme "dans les prochains jours".

Le ministre slovène des Finances Andrej Bajuk, dont le pays assure la présidence de l'UE, a lui aussi relativisé les risques pour l'économie européenne. "Nous sommes persuadés qu'avec ses fondamentaux forts, l'Europe peut faire face", a-t-il dit.

La ministre française de l'Economie, Christine Lagarde, a pour sa part appelé implicitement lundi la Banque centrale européenne à ne pas relever ses taux d'intérêt, voire à les baisser, "si la croissance devait faiblir significativement en zone euro".

L'humeur était néanmoins à la plus grande nervosité mardi matin en Europe.

La Bourse de Paris faisait par exemple du yo-yo, le CAC 40 oscillant sans direction claire autour de l'équilibre, au lendemain d'une chute de près de 7%.

Après avoir perdu plus de 5% dans les premiers échanges, l'indice parisien est rapidement repassé dans le vert, gagnant 0,75% peu après 10H00 (09H00 GMT).

Mais le CAC 40 est ensuite reparti à la baisse, et cédait 1,18% à 4.688,24 points vers 10H17 (09H17 GMT).

Les marchés devraient s'orienter plus nettement après la réouverture de Wall Street, fermée lundi en raison du Martin Luther King Day.

Les investisseurs redoutent non seulement la propagation à l'ensemble de la planète d'une récession aux Etats-Unis, mais aussi une crise majeure du système financier, plombé par les difficultés des rehausseurs de crédit.

A Francfort, l'indice des trente valeurs vedettes était dans la tempête, réduisant toutefois ses pertes. A 09H20 GMT, le Dax perdait 2,59% à 6.614,72 points, après avoir ouvert en baisse de près de 4% et être descendu sous la barre des 6.500 points quelques minutes après l'ouverture. La veille, le Dax avait chuté de plus de 7%.

Hypo Real Estate, qui s'était effondrée la semaine dernière après l'annonce de provisions liées à la crise du "subprime", rebondissait de façon spectaculaire et s'adjugeait 5,39% à 18,95 euros.

Le Dax, qui avait fini 2007 au-dessus de 8.000 points, a perdu quelque 18% depuis le début de l'année.

La Bourse de Moscou a entamé la journée également sur une dégringolade de plus de 5% de son principal indice RTS, à 1.892,96 points, récupérant ensuite quelque peu le terrain perdu, avec une baisse de 3,5%, à 1.929 points.

La place moscovite avait plongé de 7,38% à 1.999,83 points lundi.

La journée de mardi a été encore plus funeste en Asie, où les places boursières étaient paniquées par les perspectives de récession aux Etats-Unis, gros client des exportations de la région, et par les conséquences potentielles pour l'ensemble de l'économie mondiale.

La dégringolade a dépassé 5% à Tokyo, 7% à Shanghaï et 8% par moments à Hong Kong.

L'indice de la Bourse de Bombay en Inde a chuté de 4,97% à la clôture, après que les échanges eurent été suspendus pendant une heure à cause d'un plongeon de près de 10% à l'ouverture par crainte d'une récession aux Etats-Unis.

La Bourse de Bombay avait déjà dévissé lundi, cédant 7,41% à la clôture, soit sa plus forte baisse jamais enregistrée en une séance.

La Bourse de Séoul, qui a également suspendu ses échanges mardi en milieu de séance après une chute de 6,23%, a clôturé en très forte baisse de 4,4%.

La Bourse de Jakarta a enfin clôturé la séance sur une chute de 7,7%, à 2.294,52 points. Le principal indice de la Bourse indonésienne a perdu 16% depuis le début de l'année et a reculé de 19% par rapport à son record établi le 9 janvier, à 2.830 points.

2008 année noire : ouverture

Publié le 21/01/2008 à 12:00 par economiedroit
2008 année noire : ouverture
2008 année noire : ouverture



Cet article poursuit notre chronique macro-économique d’une crise économique annoncée, article disparate car il s’attarde sur les causes et le pilotage de cette crise, ainsi que sur ses liens avec la mondialisation. Il est bien possible que l’année 2008 voit la résurgence d’une querelle doctrinale, qui remonte au 18ème siècle, entre «mercantilistes» et «libre-échangistes», tant notre monde mondialisé est empli des idées de Smith. Querelle qu’à la lumière de la situation actuelle entre les Etats-Unis et la Chine, nous pourrions reformuler par aphorisme en: «dans la spécialisation des nations, l’esclavage est-il un avantage comparatif»?

Première partie : épilogue d’une année grise
Nous avions annoncé en mars 2007 une année 2007 grise et en octobre 2007 une année 2008 noire. Il n’y a pas eu de surprises. Considérons par exemple l’évolution de l’indice Dow Jones industriel. (Il n’est en rien lié à la crise financière, mais traduit un peu la manière dont l’économie réelle évalue l’impact de la situation macro-économique). De 2003 à 2006, tout se passait harmonieusement.

Mais l’année 2007 a jeté un froid.

Cette courbe serait plus spectaculaire, si on l’exprimait en euros, le dollar ayant dans le même temps perdu 10% de sa valeur relative. Sans analyse sophistiquée, on constate sur ces deux dessins qu’une force qui poussait gentiment à la hausse depuis 2003 vient d’affronter une force inverse, et que cela s’est traduit par une série de grands craquements. Le décrochage de mars a été causé par une déclaration de Greenspan sur une possible récession et par un décrochage brutal de la bourse de Shangai, qui a depuis repris sa progression explosive. Le décrochage d’août a été causé par l’illiquidité totale des emprunts immobiliers US à risque. Celui de novembre par le constat du fait que l’injection massive de liquidités par les banques centrales n’avait pas résolu le problème, et qu’il s’agissait donc plus d’un problème de solvabilité que de liquidité. Celui du décembre venait du constat de la contagion à l’économie réelle : augmentation du chômage US, baisse des ventes de détail. L’ensemble était rythmé par les déclarations de la FED sur des baisses de taux, et une baisse effective a lancé une des remontées.

La récession US a peut-être déjà commencé, bien qu’elle ne puisse être officielle que 6 mois après et que l’on ne saura sans doute jamais son début exact. Tous les symptômes sont là : baisse de la construction, de la production industrielle, des ventes de détail, du crédit, explosion du cours de l’or en dollar, etc ...

Revenons un peu en arrière, à partir de 1990 :


Il y a eu une accélération brutale à partir de 1995, qui a débouché sur la bulle de 2000 et le krach de 2002. Puis les choses sont reparties à partir de 2003, au moment où la FED a quasiment annulé ses taux directeurs. L’exubérance a repris doucement, pour recommencer à s’emballer à partir de 2006.

Depuis 1995, les Etats-Unis produisent beaucoup de monnaie, sous forme de crédits. Cette monnaie s’était portée sur les actions avec un engouement particulier pour les valeurs technologiques, qui ont quadruplé leur capitalisation constante entre 1995 et 2000. La chute du Nasdaq en 2002 a été beaucoup plus impressionnante que celle du DJI ci-dessus. La bulle a alors été transférée vers l’immobilier, favorisé par la baisse des taux. On critiquera encore longtemps Greenspan, mais il n’a fait que fournir au système ce qu’il réclamait et réclame encore aujourd’hui : du crédit facile. La bulle immobilière a permis alors aux ménages de continuer à consommer malgré leurs crédits de plus en plus élevés, car ils étaient persuadés d’être de plus en plus riches, à travers le prix des logements qui n’arrêtait pas de grimper.

Comment la création monétaire a-t-elle pu engendrer une hyper-inflation des actifs sans que cela n’entraîne une grande hausse des prix à la consommation ? L’explication provient de ce que Greenspan appellait « l’effet désinflationniste de la mondialisation », et que nous pourrions aussi appeler la désindustrialisation de l’Occident. Les produits de consommation sont de plus en plus importés, et sinon concurrentiels sur le marché mondialisé. Nous vivons une inflation à deux vitesses : une hyperinflation du capital et une déflation du travail. La recontre ultime entre les deux mondes se produit sur le marché immobilier, car les travailleurs doivent se loger. Les revenus du travail décroissent, et cela n’a été masqué que par un endettement de plus en plus grand. Les revenus du capital impliquent eux une croissance sans fin du crédit et de la surévaluation des actifs. C’est le mécanisme de la fracture sociale que la mondialisation induit chez nous.

La différence entre 2008 et 2002, c’est qu’il n’y a plus de joker aux Etats-Unis. Avec l’immobilier, on a gagé le dernier bijou de famille. Et avec le pétrole à 100$ le baril, on ne peut plus jouer sur les taux et laisser s’écrouler complètement le dollar. Pour la suite des événements, MM Bernanke et Trichet ont été, il me semble, assez clairs : ils ne baisseront les taux que sans danger d’inflation, car ils ne peuvent prendre le risque de déclencher une stagflation générale, et ils sont conscients du fait qu’il n’y a plus de réservoir de crédit ou d’activités. Ils ont joué leur dernière carte avec l’injection massive de liquidités. Leur dernier espoir de s’en sortir sans trop de casse est que l’économie des pays émergents continue à tourner et devienne sinon un facteur de croissance au moins de stabilisation. Et c’est là que nous allons pouvoir juger si les axiomes de la mondialisation fonctionnent ou pas.

Deuxième partie : aux sources de la crise - visite d’un temple

Cette crise est structurelle et est causée par la nature même du système financier anglo-saxon. Normalement, cette phrase doit me faire largement traiter d’anti-américain primaire. Aussi vais-je me contenter ici de citer un célèbre organisme altermondialiste, le Fonds Monétaire International. Le FMI a pour vocation de suivre l’économie mondiale et de répandre sur la planète les bienfaits du consensus de Washington sur lequel je reviendrai. Il a parfaitement rempli ces deux missions. Ainsi, dans son rapport sur les « perspectives de l’économie mondiale » de septembre 2006 (voir l’annexe sur le rapport entre systèmes financiers et cycles économiques), il explique et prévoit cette crise.

Il explique tout d’abord la différence entre la finance anglo-saxonne (finance de « libre concurrence ») et les autres : elle est beaucoup moins assise sur des rapports de responsabilité entre prêteurs et emprunteurs dans lesquels le prêteur s’assure de la solvabilité de l’emprunteur, et beaucoup plus sur une contractualisation entière. Morceaux choisis :

Dans les systèmes financiers de pleine concurrence, les ménages peuvent plus facilement emprunter pour financer leurs dépenses de consommation, mais sont aussi plus vulnérables aux chutes des prix des actifs. Les plus développés de ces systèmes, aux États-Unis et au Royaume-Uni par exemple, permettent aux ménages d’emprunter en s’appuyant sur la valeur croissante de leur logement, ce qui stimule la consommation et étaye une croissance économique vigoureuse. Cependant, cela se traduit aussi par un endettement plus élevé de ces ménages - 160 % du revenu disponible (en moyenne) en 2005 dans les systèmes de pleine concurrence, contre moins de 100 % dans les systèmes reposant davantage sur les relations emprunteur-prêteur. Dans les systèmes financiers de pleine concurrence, les ménages sont donc plus vulnérables à la hausse des taux d’intérêt et aux chutes des prix des actifs. À titre d’exemple, lors des épisodes précédents de crise immobilière dans ces pays, la croissance de la consommation a en général ralenti pour tomber d’une moyenne de 3 % au début de la contraction du marché à 0 % deux ans plus tard. Le fléchissement du marché du logement aux États-Unis est un risque clé .

Donc voilà expliquée la tendance anglo-saxonne à la création de bulles : on emprunte en s’appuyant sur la valeur d’actifs survalorisés par l’emprunt, système « pyramidal » classique. Voilà prévue la crise des subprimes qui a eu lieu un an après. Et voilà prévue l’issue de cette crise : la récession. Voici pourtant ce qui figure dans les prévisions du rapport :

En ce qui concerne la demande, un des risques principaux est que le ralentissement soutenu des marchés immobiliers dans les pays avancés pèse sur les bilans des ménages et la demande globale. Au stade actuel, les craintes concernent principalement les États-Unis, bien que d’autres marchés, comme celui de l’Espagne, de l’Irlande et du Royaume-Uni, semblent aussi surévalués selon la plupart des mesures conventionnelles. Selon l’édition d’avril 2006 des Perspectives, les prix moyens du logement aux États-Unis se situaient en 2005 de 10 à 15 % au-dessus du niveau correspondant aux données économiques fondamentales. D’après des données récentes, le marché s’affaiblit maintenant assez rapidement : les ventes de maisons, les demandes de crédit hypothécaire et les mises en chantier diminuent, et les hausses des prix des logements ralentissent. Pour la prévision de référence de la croissance américaine, il est supposé que la croissance des prix du logement continuera de ralentir.

Ralentir ? Pas s’inverser ? Tout l’art de la litote... Notons également ceci :

Les différences de système financier peuvent être un élément d’explication des déséquilibres mondiaux actuels. Aux États-Unis, de même qu’en Australie et au Royaume-Uni, le système financier a permis aux ménages d’augmenter beaucoup plus leurs emprunts que dans d’autres pays, ce qui a entraîné une baisse de l’épargne et un creusement du déficit extérieur courant. Les marchés financiers des États-Unis, complexes et liquides, ont aussi offert des possibilités d’investissement attrayantes aux épargnants étrangers, ce qui a aidé à financer le déficit américain. Ainsi, les investisseurs étrangers contribuent pour environ 10 % aux 8.000 milliards de dollars que représente le marché des titres adossés à des créances hypothécaires dans ce pays.

Voilà qui nous relate crûment que c’est bien le système financier US qui est responsable des « déséquilibres mondiaux », ce qui désigne US et Chine, et US et exportateurs de pétrole . Pourquoi le FMI ne s’émeut-il pas de ces bulles et crises annoncées ? Parce que c’est pour lui juste et bon, selon un dogme sur lequel il faut revenir.

Le « consensus de Washington » est une généralisation des idées d’Adam Smtih, que je suis obligé de caricaturer pour résumer : « l’augmentation des flux commerciaux est générateur de croissance le marché fait spontanément des choix optimaux, et les interventions des états dans le domaine économique sont contre-productives ». Moyennant quoi il faut s’efforcer de supprimer les obstacles à la libre-entreprise et au libre-échange : frontières et douanes, règlementations, droit du travail et tout autre droit qui ne protège pas que les entreprises, secteurs nationalisés, etc ... et il en ressortira le plus grand bien pour tous. C’est ce consensus qui a inspiré la réorientation de l’UE vers sa version actuelle. Le FMI a fidèlement suivi cette ligne en prônant privatisations, accords de libre-échange, démantèlement des droits du travail, des règlementations prudentielles, etc ... J’insiste bien sur le fait que cette théorie économique dite « classique » n’en est qu’une parmi d’autres.

Cela n’empêche pas le FMI d’en observer les conséquences avec une grande lucidité. Qui a écrit la phrase suivante : « depuis une vingtaine d’années, l’inégalité de revenu s’accentue dans la plupart des régions et des pays » ? Elle sort d’une annexe du rapport d’octobre 2007 du FMI. Ca n’inquiète pas le FMI, qui y oppose la constante augmentation du PIB mondial. Il est par contre inquiet des « déséquilibres mondiaux » cités plus haut, c’est à dire d’un déséquilibre commercial et monétaire croissant entre US, Chine et exportateurs de pétrole, dont il craint la résorption brutale. Il plaide pour une « adaptation des politiques macro-économiques », c’est à dire une baisse du niveau de vie occidental.

Finalement, la vision du FMI est la suivante : « oui, le capitalisme anglo-saxon est générateur de bulles, oui le libre-échangisme est générateur d’inégalités, mais ils sont aussi générateurs de croissance, et leur bilan global est positif, car ils permettent la croissance économique des pays émergents, le développement de la Chine, ce qui se constate avec une augmentation constante du PIB mondial ». Cette opinion est celle qui guide tous les dirigeants occidentaux depuis 10 ans.

Une version opposée serait la suivante : « la croissance de l’économie chinoise et des flux commerciaux est au fond une délocalisation d’activités occidentales tirée par la demande occidentale, qui n’est elle soutenue que par un endettement croissant, étant donné l’appauvrissement induit sur le marché du travail ».

La différence entre les deux est la question de savoir si la croissance mondiale est réelle ou bien une simple bulle monétaire. L’année 2008 va permettre de trancher entre ces deux visions.

Troisième partie : y a-t-il un pilote dans l’avion ?

Pour comprendre l’état d’esprit du pilote, nous allons simplement commenter ici les communiqués du FMI, qui donnent l’ambiance dans la cabine de pilotage.

Rapport sur les perspectives de l’économie mondiale septembre 2006

Les prévisions de référence pour la croissance de la production mondiale ont été révisées à la hausse en 2006 et en 2007. (...) En ce qui concerne la demande, un des risques principaux est que le ralentissement soutenu des marchés immobiliers dans les pays avancés pèse sur les bilans des ménages et la demande globale. Au stade actuel, les craintes concernent principalement les États-Unis, bien que d’autres marchés, comme celui de l’Espagne, de l’Irlande et du Royaume-Uni, semblent aussi surévalués selon la plupart des mesures conventionnelles.

Comité monétaire et financier 17/9/2006
Le Comité note avec satisfaction l’expansion vigoureuse et généralisée que connaît actuellement l’économie mondiale. La croissance devrait garder tout son dynamisme en 2007. Il existe cependant des risques de dégradation de la situation, qui tiennent à la possibilité d’une poursuite de l’accumulation de tensions inflationnistes, d’un ralentissement de la consommation dans un certain nombre de pays, de la persistance de cours élevés et instables de l’énergie et d’une montée du protectionnisme.


Tout va bien, à condition que l’immobilier US ne lâche pas trop, et que le pétrole ne monte pas trop.

Comité monétaire et financier 14/4/2007, juste après l’alerte de Shangai

Le Comité note avec satisfaction la persistance d’une expansion vigoureuse et généralisée de l’économie mondiale. La croissance devrait rester vigoureuse en 2007 et en 2008. La stabilité financière mondiale continue de reposer sur de solides fondements économiques. Les facteurs de dégradation qui doivent être surveillés en permanence tiennent à la possibilité d’une réévaluation des risques dans les conditions sur les marchés financiers internationaux, d’un ralentissement plus marqué que prévu de l’économie américaine et d’une résurgence des tensions inflationnistes résultant du rétrécissement des écarts de production ou d’une remontée éventuelle des cours du pétrole.

Bulletin du FMI 16/4/2007

Le repli du marché du logement aux États-Unis constitue l’un des risques les plus importants qui pèsent sur les prévisions. Depuis quelques mois, on constate quelques signes timides de stabilisation, au moins du côté de la demande, étant donné que les ventes de logements existants et les demandes de crédit se maintiennent et même augmentent. (...) Si les prix des logements ont continué de fléchir à l’échelle du pays, avec de véritables baisses de prix dans beaucoup de zones métropolitaines, les finances des ménages semblent toujours solides. Par conséquent, le FMI ne prévoit pas de fortes retombées des difficultés actuelles dans le secteur du logement, à condition que l’emploi et le revenu restent dynamiques.


Tout va bien, à condition que les problèmes de l’immobilier US n’aient pas d’impact sur l’économie.

Rapport sur les perspectives de l’économie mondiale juillet 2007

L’économie mondiale a poursuivi son expansion à un rythme soutenu au premier semestre 2007. Bien qu’aux États-Unis la croissance ait perdu de sa vitalité au premier trimestre, l’économie a repris de l’allant au deuxième trimestre. (...) La croissance mondiale devrait s’inscrire à 5,2 % en 2007 et 2008, soit 0,3 point de plus que projeté en avril 2007. (...) Les prévisions de croissance pour la zone euro, notamment l’Allemagne, et le Japon ont aussi été revues à la hausse. Globalement, la balance des risques pour les perspectives de croissance mondiale demeure légèrement orientée à la baisse, comme en avril 2007. (...) Tandis que la correction du secteur immobilier se poursuit, les risques globalement baissiers liés à la demande intérieure américaine se sont un peu estompés. (...) Des progrès ont été faits qui ont réduit le risque de correction désordonnée des déséquilibres mondiaux, encore que les pressions protectionnistes restent préoccupantes.


Les problèmes US sont plus embêtants que prévu, mais ça va s’arranger. Ne touchez pas aux dogmes.

Rapport sur les perspectives de l’économie mondiale octobre 2007 après les « subprimes »

La croissance mondiale a été vigoureuse au premier semestre de 2007, bien que les remous sur les marchés financiers aient assombri les perspectives. Si les prévisions pour 2007 n’ont guère été touchées, la projection de référence pour la croissance mondiale en 2008 a été révisée à la baisse. La croissance mondiale resterait quand même vigoureuse, portée par des paramètres fondamentaux généralement solides et une forte expansion dans les pays émergents.

Comité monétaire et financier 20/10/2007

Le Comité se félicite de la vigueur de la croissance mondiale au premier semestre de 2007. Il note que l’économie mondiale continue de reposer sur des paramètres fondamentaux solides et sur la croissance robuste des pays émergents et d’autres pays en développement. (...) Parmi les réformes structurelles qui permettront de tirer pleinement profit des occasions offertes par la mondialisation et les progrès technologiques devraient figurer la poursuite de la libéralisation du secteur des services dans les pays avancés.


La croissance est foutue en occident, mais elle va continuer dans les pays émergents. Accrochez-vous aux dogmes. Les pays émergents n’ont pas tout à fait le même avis, comme en témoigne ce communiqué à la même date du « G24 » du FMI, c’est à dire d’un groupe associé de 24 pays émergents.

G24 19/10/2007

Les Ministres observent que le marché américain des prêts hypothécaires à risque est vulnérable et que cela a des retombées sur les marchés financiers et l’économie réelle. Ils soulignent la nécessité pour le FMI d’améliorer la surveillance qu’il exerce sur les économies avancées en accordant autant d’attention à l’évaluation des faiblesses de ces dernières qu’à celles des économies de marché émergentes.

Traduction : « ça fait combien de temps que vous pinaillez sur nos petites législations commerciales, et vous avez laissé passer une bulle pareille aux US ? »

Désolé pour cette longue litanie. Elle fait simplement apparaître que le FMI a parfaitement diagnostiqué la crise, mais qu’il reste persuadé qu’au fond la croissance de l ’économie mondiale n’est pas liée à la bulle US et qu’elle lui survivra. C’est ce que l’année 2008 va nous permettre de vérifier ... ou pas.

En 2008, de deux choses l’une :

ou bien les libre-échangistes ont raison, et l’intensification des flux commerciaux ont permis de débuter en Chine une activité économique autonome, qui survivra à la fin de la demande US, auquel cas la récession sera occidentale, mais la croissance se poursuivra dans les pays émergents,


ou bien les libre-échangistes ont tort, le seul avantage comparatif de la Chine est la main d’oeuvre bon marché, et la récession sera mondiale.


Cette alternative ne pourrait être posée plus simplement que dans les derniers communiqués du FMI.

Quatrième partie : pardon, quelle est la destination de cet appareil ?

Il y a en tout cas une question qui ne semble plus trop se poser, qui est celle de la contagion à l’Europe.

L’étranglement du crédit est déjà une réalité pour les PME européennes.

Il faut sans doute s’attendre à une baisse des actions. Il y a un consensus pour dire qu’elles ne sont pas très surestimées, mais c’est en fonction de leurs résultats actuels, qui pourraient être entraînés à la baisse dans une récession. Et il reste quelques points d’exubérance, comme Google, valorisé à 50 fois ses bénéfices à 200 milliards USD.

Il faut ensuite observer l’immobilier européen. Les pratiques ont été les mêmes qu’aux Etats-Unis en Angleterre, Espagne, Irlande. C’est donc là que pourrait commencer le krach européen.

Il faut aussi observer les exportations allemandes. L’Allemagne est en effet le pays de l’UE qui exporte le plus hors UE, y compris vers les Etats-Unis. Si la baisse de la demande US doit se propager dans l’UE, cela devrait commencer par l’Allemagne. Mais il faut à mon avis porter une attention particulière au secteur pharmaceutique. En effet, la dépense qui a le plus augmenté aux Etats-Unis ces dernières années et qui a créé le plus d’emplois est la dépense de santé. Elle est en moyenne supérieure de 50% à celle de l’UE et augmente très vite. Une des conséquences en a été que beaucoup d’entreprises pharmaceutiques européennes se sont délocalisées aux Etats-Unis. Il me semble donc que l’industrie pharmaceutique mondiale est aujourd’hui singulièrement exposée.

Mais comme cela a été mentionné en conclusion de chacun des paragraphes précédents, la vraie inconnue est la contagion à la Chine. La croissance chinoise est-elle endogène, ou bien portée par la demande occidentale ? La vraie ampleur de la crise se verra en 2008 à Shangai.

On a vu que le FMI a beaucoup insisté sur les « risques protectionnistes ». Etant en effet persuadé que l’augmentation des flux commerciaux est générateur de croissance, le protectionnisme lui semble une voie vers la récession. Si au contraire la croissance chinoise a été une bulle délocalisée, un protectionnisme adéquat en temps utile aurait permis de la restreindre.

Pour autant, même si l’on souscrit à ce deuxième avis, tout est question de timing en macro-économie, et une montée du protectionnisme après la crise pour résoudre le problème de la paupérisation et désindustrialisation en occident que l’on penserait créés par le libre-échange serait tout à fait erronée. Souvenons-nous en effet que ce sont les pays qui s’étaient le plus engagés dans le libre-échange qui ont été le plus frappés par la crise de 1929. En particulier le Japon, pour lequel il me semble généralement admis que c’est la fermeture de ses marchés qui l’a précipité dans l’aventure militaire de 1936. Si donc par malheur la bourse de Shangai devait s’effondrer en 2008, il nous appartiendrait, pour éviter que la situation ne dégénère, de ne pas refermer trop brutalement nos frontières, comme la tentation en serait forte.


Agora vox le média citoyen

http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=34406


par Forest Ent (son site http://forestent.free.fr/ )

La crise boursière s'amplifie dans le monde

Publié le 21/01/2008 à 12:00 par economiedroit
La crise boursière s'amplifie dans le monde
AFP - lundi 21 janvier 2008, 18h10


La crise boursière s'amplifie dans le monde


La crise boursière s'est amplifiée lundi sur toutes les places mondiales dans la crainte de nouvelles pertes gigantesques pour le secteur financier et sous l'effet de la déception suscitée par le plan de relance annoncé par George W. Bush.

Les Bourses d'Europe ont plongé, subissant pour les principales leur plus forte baisse en une séance depuis le 11 septembre 2001. Londres a cédé 5,48%, Francfort 7,16%, Paris 6,83%, Madrid 7,54%, Milan 5,17% et la Bourse suisse 5,26%.

"C'est vraiment le +sell-off+", mouvement brutal de vente, a souligné Ronald Petitjean, gérant de Sarasin Expertise.

Les marchés américains étaient fermés lundi, jour férié, ce qui aurait dû modérer les volumes dans le reste du monde. Mais le montant des transactions a été au contraire très élevé, signe d'une grande nervosité.

Les Bourses d'Asie avaient lancé le mouvement, avec des chutes impressionnantes: 3,86% à Tokyo, 5,14% à Shanghai, 5,49% à Hong Kong, ou encore 2,95% à Séoul. Bombay, qui le 8 janvier battait son record absolu, a chuté de 7,41%.

L'inquiétude concerne à la fois la santé des banques à travers le monde à la lumière de la crise des crédits hypothécaires américains mais aussi les conséquences sur la croissance économique américaine et mondiale.

Le directeur général du Fonds monétaire international (FMI) Dominique Strauss-Kahn a semblé accréditer la thèse d'une large propagation de la récession américaine en affirmant que la crise financière en cours était "sérieuse" et qu'elle pouvait affecter les pays émergents.

"La situation est une situation qui est sérieuse (...) tous les pays du monde souffrent du ralentissement de la croissance aux Etats-Unis, enfin tous les pays développés", a-t-il dit à la presse à l'issue d'un entretien avec le président français Nicolas Sarkozy.

"Il n'est pas impossible que, même sur les pays émergents, ça ait un certain effet, que la croissance soit moins forte que celle qui était prévue", a-t-il ajouté.

Les investisseurs se sont montrés sceptiques face à l'annonce vendredi par le président américain George W. Bush d'un plan de relance de plus de 140 milliards de dollars qui n'a toutefois pas été détaillé.

"Il y a une déception, puisque le plan ne s'adresse pas aux risques financiers. C'est un plan classique de relance par la consommation", a affirmé à l'AFP Jean-Louis Mourier, économiste pour la maison de courtage française Aurel.

"Les Bourses n'ont pas apprécié, semble-t-il, le paquet proposé par le président Bush", a renchéri M. Strauss-Kahn.

A Bruxelles, le commissaire européen aux affaires économiques et monétaire Joaquin Almunia a noté que "les marchés (semblent) envisager la possibilité d'un ralentissement plus prononcé" qu'attendu de la croissance aux Etats-Unis, "peut-être même une récession".

"J'espère qu'ils vont aussi prêter attention aux informations sur l'économie réelle, en particulier en Europe, et qu'ils vont retrouver leur calme", a-t-il ajouté, avant une réunion des ministres des Finances de la zone euro.

Pendant que le pessimisme gagne les marchés sur le plan économique, les mauvaises nouvelles continuent de tomber concernant le secteur financier.

Après beaucoup d'autres, la banque allemande WestLB a annoncé lundi une perte nette de 1 milliard d'euros en 2007.

La Bourse est aussi préoccupée par la situation des "rehausseurs de crédit", ces sociétés dont le métier est d'assurer les émetteurs d'obligations qui ne peuvent fournir toutes les garanties possibles aux marchés financiers.

Le plus important d'entre eux, l'américain Ambac, a annoncé mercredi qu'il allait lever plus d'un milliard de dollars auprès d'investisseurs, avant de renoncer vendredi à cette recapitalisation, citant notamment les "conditions de marché actuelles".

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