Thèmes de réflexion transversale
Publié le 29/12/2008 à 12:00 par economiedroit
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Economiedroit
Publié le 12/03/2008 à 12:00 par economiedroit
Ce que signifie, concrètement, "la BCE a injecté des liquidités"
Par Pascal Riché (Rue89) 23H34 13/08/2007
La Banque centrale européenne (BCE) a annoncé lundi avoir injecté de nouveau 47,66 milliards d'euros, pour détendre un peu l'atmosphère sur les marchés financiers. La semaine dernière, elle avait déjà introduit dans les circuits bancaires 156 milliards d'euros... Les milliards volent, mais que représentent-ils? Que signifie, concrètement, "injecter des liquidités"?
Pour comprendre, il faut revenir aux principes de base de la politique monétaire. Ce qui suit se veut éclairant, mais je vous préviens, ce n'est pas toujours très facile.
Pour commencer, contrairement à une idée reçue, ce ne sont pas les banques centrales qui créent de la monnaie. Ce sont principalement les banques commerciales. Lorsque ces dernières font un prêt, ce prêt atterrit sur un compte de dépôt: c'est de la monnaie.
Pour éviter que le crédit (et donc la création de monnaie) ne s'emballe, il faut que la Banque centrale puisse s'immiscer d'une façon ou d'une autre dans la relation entre les banques et les emprunteurs. Elle le fait à travers un instrument qu'on appelle les "réserves obligatoires".
Le rôle des réserves
Quand le Crédit Agricole accorde un crédit de 100000 euros à un client, le niveau des dépôts augmente de 100000 euros. Si le taux de réserves obligatoires est de 2%, la banque doit alors conserver, sur un compte BCE peu rémunéré, 2% de ces nouveaux dépôts, soit 2000 euros.
L'ensemble des "réserves" des banques, augmentées des pièces et des billets, est appelé la "base" monétaire. Ou encore, M0 (M zéro).
Si une banque n'a pas suffisamment de réserves pour exercer son activité de crédit comme elle le veut, que peut-elle faire? Elle va chercher une autre banque qui, elle, dispose de plus de réserves qu'elle n'en a besoin. Elle va emprunter à cette autre banque les réserves dont elle a besoin, en échange d'une rémunération. Chacun y gagne: la première pourra faire son prêt, la seconde est ravie de pouvoir prêter des réserves qui, sinon, ne lui rapporteraient rien.
Le marché interbancaire
Ces échanges sont organisés sur un marché, le marché monétaire "interbancaire". Sur ce marché s'échangent chaque jour de très grosses sommes, des prêts à court terme: un jour, une semaine, un mois.
Comme sur tout marché, l'offre et la demande se chargent de fixer le prix de la denrée qui y est échangée: si la demande d'argent à court terme (ou "liquidités") est forte, alors les taux d'intérêt grimpent.
Si les banques se mettent à accorder toutes des crédits, alors elles font face à une pénurie de "réserves". Conséquence: les taux d'intérêts menacent de s'envoler sur le marché interbancaire. Le risque, c'est qu'ensuite les banques répercutent cette hausse sur leurs clients, et que tout cela ne finisse par freiner la croissance.
La Banque centrale peut éviter ce scénario, car elle est dans une situation unique: elle a le monopole de la création de la denrée qui est échangée sur le marché interbancaire. Les banques peuvent en effet toujours se tourner vers elle pour emprunter les fameuses réserves.
Si la banque centrale veut faire baisser les taux d'intérêts et pousser les banques à accorder davantage de crédits à leurs clients, elle peut donc leur prêter plus de réserves. C'est ce qu'on appelle, dans la presse, "injecter des liquidités".
Les fameux "appels d'offre"
Comment l'opération a-t-elle lieu? La BCE procède à des "appels d'offre" sur le marché interbancaire. Elle a proposé ainsi lundi de l'argent, sur un jour, au taux minimum de 4% (le "taux de refinancement" , qui est son principal "taux directeur"). Les banques répondent à cette offre en proposant des taux supérieurs à 4%, afin d'être certaines d'obtenir les liquidités dont elles ont besoin. La BCE examine le niveau de la demande, les taux proposés par les banques, et elle fixe alors un taux au-delà duquel les les "offres" sont servies.
Les liquidités sont alors distribuées. Un peu comme au Mont-de piété, la Banque centrale prend en gage (on dit "en pension") des titres (bons du trésor, etc.).
Ces appels d'offre, en période normale, ont lieu toutes les semaines. Mais en cas de désordres financiers, la BCE procède à des "appels d'offre rapides" pour injecter ou retirer des liquidités. Dans ce cas, ce sont des opérations à très court terme: des prêts d'un jour.
Si la BCE intervient aujourd'hui massivement, c'est pour contrecarrer la méfiance qui s'est instaurée sur le marché interbancaire. Que se passe-t-il? Les banques hésitent à se prêter mutuellement leurs liquidités, car elles craignent que certaines d'entre elles aient massivement investi dans l'immobilier américain, et se retrouvent piégées par la crise actuelle des "subprimes".
Numéro d'équilibriste
Alors vous me direz, quelles conséquences tout cela a-t-il avec la vie réelle?
Elles sont énormes. Si la Banque centrale surestime la crise et facilite une création monétaire trop importante, cela risque de déboucher sur l'inflation (je n'y crois pas du tout, mais bon). Si au contraire elle se montre trop timide dans son action, si elle ne parvient pas à dégripper le marché interbancaire, alors les taux d'intérêt se tendent, les crédits se tarissent, avec le risque de casser la croissance.
La Banque centrale tente de résoudre cette équation, ce qui se traduit par un numéro d'équilibriste: d'un côté elle inonde le marché interbancaire (et elle a raison de le faire), de l'autre elle annonce qu'elle augmentera son taux d'intérêt directeur en septembre, pour contrecarrer l'inflation... Ce grand écart commence à lui valoir des critiques. Ainsi, dans une interview au Monde , Thierry Breton, ancien ministre des Finances, aujourd'hui prof à Harvard, se demande si elle n'est pas en train de devenir "prisonnière de sa stratégie de hausse des taux, à contre courant d'un renversement de cycle économique qui pourrait bien intervenir plus tôt que prévu, en 2008"...
Les décisions des Banques centrales, dans ces périodes de crises financières, sont capitales. En 1929, la Réserve fédérale américaine avait très mal réagi, choisissant de restreindre le crédit: le krach s'était transformé en crise économique majeure. En 1987, face à un krach boursier plus vertigineux encore, la FED et les autres banques centrales avaient fait l'inverse, ouvrant hardiment les vannes du crédit: l'économie n'avait pas été affectée. Et qui se souvient aujourd'hui du krach de 1987, surnommé à l'époque avec angoisse "le jour le plus bas"?
http://www.rue89.com/mon-oeil/ce-que-signifie-concretement-la-bce-a-injecte-des-liquidites
Publié le 28/02/2008 à 12:00 par economiedroit
AFP - jeudi 28 février 2008, 12h01
Minés par l'inflation, les ménages français ont le moral en berne
Les Français, qui vivent de plus en plus mal les hausses de prix, ont encore affiché en février un moral en berne, au plus bas de son histoire, un signal inquiétant pour la consommation et donc la croissance, selon les économistes.
L'indicateur de la confiance des ménages a baissé d'un point, à -35 points, contre -34 en janvier, un nouveau record, a annoncé jeudi l'Insee.
"L'hypothèse de la déprime passagère doit être balayée: la situation s'apparente davantage à une dépression", estime Alexander Law, économiste chez Xerfi.
Pour Pierre-Olivier Beffy, chef de la division synthèses conjoncturelles à l'Institut national de la statistique, c'est surtout "l'évolution des prix qui a contribué à la dégradation de leur moral". Les Français sont certes moins inquiets qu'en janvier sur les perspectives d'évolution d'inflation. "Mais en tendance, c'est une préoccupation qui reste très forte depuis la mi-2007", note M. Beffy.
"Les Français vivent de plus en plus mal la hausse des prix constatée dans leurs supermarchés", renchérit Alexander Law. L'inflation a atteint en janvier son plus haut niveau depuis 1992, à +2,8% sur un an. Mais "l'inflation perçue, et donc celle qui détermine les comportements de consommation, est bien supérieure à l'inflation +réelle+", estime M. Law.
Ce sont en effet "les prix des produits que l'on achète le plus souvent qui augmentent le plus, ce qui rogne la perception d'un pouvoir d'achat déjà peu dynamique". Les produits alimentaires et l'énergie, "que les Français consomment fréquemment", sont ainsi ceux qui, à leurs yeux, ont le plus augmenté, selon M. Beffy. Conséquence: les ménages jugent de moins en moins opportuns d'effectuer des achats importants. Cet indicateur a chuté en février à son plus bas niveau depuis mai 1997.
"Le poids croissant des dépenses contraintes dans le budget des ménages réduit leur marge pour réaliser d'autres achats", explique Mathieu Kaiser, de BNP Paribas. Si l'Insee relève qu'il n'y a pas toujours de corrélation entre le moral des ménages et leur consommation, les économistes jugent toutefois cette dégradation inquiétante. "La consommation a déjà nettement baissé en janvier, et rien n'indique un changement de tendance pour les mois à venir", juge M. Law. "Autrement dit, la croissance du premier trimestre 2008 est déjà fortement compromise", selon lui.
La consommation des ménages, moteur depuis 10 ans de la croissance française, a de nouveau décroché en janvier, reculant de 1,2% malgré les soldes d'hiver. Noircissant encore le tableau, les Français sont plus pessimistes en février sur les perspectives d'évolution du chômage, malgré les derniers chiffres plutôt encourageants sur le front de l'emploi.
"La confiance était remontée en flèche pendant la période électorale, à cause d'une inflation de promesses; depuis juin elle dégringole", relève Jean-Christophe Caffet, économiste de Natixis.
La baisse du moral des Français semble en effet aller de pair avec la chute de popularité du président Nicolas Sarkozy. "Désamour politique et déception économique se rejoignent assez souvent", dit à l'AFP Alexander Law. Le moral des ménages a ainsi marqué d'autres plus bas dans l'histoire, au moment des troubles dans les banlieues en 2005 et, dix ans plus tôt, du gouvernement impopulaire d'Alain Juppé.
Seuls motifs d'optimisme, selon M. Caffet: "une baisse attendue de l'inflation à partir du deuxième trimestre et, dans une moindre mesure, des effets du +paquet fiscal+, décidé l'été dernier".
Publié le 27/02/2008 à 12:00 par economiedroit
AFP - mercredi 27 février 2008, 17h56
L'euro s'envole vers de nouveaux records à plus de 1,51 dollar
L'euro était installé au-dessus du seuil de 1,50 dollar mercredi, après un nouveau record à 1,5144 dollar, face à un billet vert miné par les perspectives de croissance en berne aux Etats-Unis et la politique baissière de la Réserve fédérale américaine (Fed) sur ses taux.
La monnaie unique européenne est montée jusqu'à 1,5144 dollar vers 16H20 GMT.
L'euro avait franchi mardi pour la première fois depuis son lancement en 1999 la barre symbolique de 1,50 dollar, effaçant un record historique datant du 23 novembre, à 1,4967 dollar.
Vers 17H00 GMT (18H00 à Paris), un euro valait 1,5135 dollar contre 1,4979 dollar mardi vers 22H00 GMT.
La monnaie unique européenne regagnait du terrain face au yen, à 160,99 yens contre 160,60 yens la veille au soir.
La devise américaine baissait aussi face à la monnaie nippone à 106,41 yens contre 107,24 yens mardi.
Plombé par un flot continu d'indicateurs médiocres et la perspective d'une nouvelle baisse des taux de la Fed, le dollar enchaîne depuis plusieurs mois les plus bas face à l'euro qui bénéficie, pour sa part, de l'inflexibilité de la Banque centrale européenne (BCE).
L'Allemand Axel Weber, membre de la BCE, a d'ailleurs refroidi mercredi les attentes des marchés qui misaient sur une baisse des taux directeurs de la zone euro dans les mois à venir, en affirmant qu'ils sous-estimaient les risques inflationnistes.
Mardi, l'euro avait par ailleurs été dopé par un indicateur clé de la santé de l'économie allemande, le baromètre Ifo, qui était ressorti meilleur que prévu en janvier.
Le dollar a continué quant à lui sa descente mercredi après-midi, après que le président de la Fed, Ben Bernanke, eut laissé entendre que la Fed pourrait continuer de baisser ses taux.
La faiblesse du dollar a un effet inflationniste, a reconnu M. Bernanke, faisant référence à l'inflation importée qui touche les produits achetés dans des monnaies plus fortes que le dollar.
Mais M. Bernanke a toutefois assuré que la banque centrale n'avait pas en tête de valeur idéale pour le billet vert sur la cote de confiance duquel il s'est montré serein, affirmant qu'"il n'y a pas beaucoup de signes montrant que les investisseurs ou les détenteurs de devises étrangères se soient sérieusement détournés du dollar pour le moment".
"Il n'y a rien dans son discours qui suggère que la Fed ne procède pas à la baisse, largement anticipée, de 0,5% à la mi-mars" a résumé Paul Ashworth de Capital Economics.
La Fed avait déjà baissé son principal taux directeur de 1,25 point de pourcentage en janvier, faisant passer le loyer du billet vert sous celui de l'euro (avec des taux à 4% en zone euro et 3% aux Etats-Unis).
La livre sterling était en hausse face au dollar, à 1,9920 dollar, en baisse face à l'euro, à 0,7597 livre pour un euro.
Le franc suisse gagnait du terrain face à la monnaie européenne, à 1,6096 franc pour un euro, comme face au billet vert, à 1,0640 franc pour un dollar.
L'once d'or cotait 959,50 dollars au fixing du soir contre 937,75 dollars la veille, après avoir battu un nouveau record à 964,99 l'once.
Le yuan chinois a clôturé en baisse à 7,1420 yuans pour un dollar, contre 7,1580 yuans lundi.
Publié le 30/01/2008 à 12:00 par economiedroit
Petit sondage...
La question:
Leurs bénéfices d'aujourd'hui sont-ils vraiment nos emplois de demain ?
Meilleure réponse - Choisie par le demandeur
Actuellement, dans le monde entier, une part de plus en plus importante des bénéfices est reversée aux actionnaires. Toutes les entreprises sont obligées de suivre le mouvement puisque les actionnaires recherchent l'investissement le plus rentable.
Donc, une part de moins en moins importante est consacrée aux salaires, que ce soit pour les augmentations ou les embauches.
Pour transformer à grande échelle les bénéfices en emplois, c'est-à-dire pour que la majorité des entreprises cherchent à embaucher, il faudrait déjà inverser cette tendance.
Euh, là je sais pas, ça va peut-être bientôt arriver, les gouvernements de tous les pays vont se mettre d'accord pour plafonner la part des actionnaires et les entreprises vont alors investir dans autre chose que la spéculation... et le Père Noël va donner un travail permettant de vivre correctement à tous les habitants de la planète.
La réponse relève du domaine de l'humour...
Commerce international
Publié le 30/01/2008 à 12:00 par economiedroit
REPARTITION ET REDISTRIBUTION
La fonction de production est génératrice de richesse (la valeur ajoutée) qui va permettre à l'entreprise de rémunérer l'ensembles des acteurs qui ont contribué à la production.
C'est ce que l'on appelle la répartition primaire des revenus. Cette distribution des richesses est synonyme d'inégalités puisqu'elle n'est pas répartie équitablement entre les agents économiques mais au prorata de leur participation au processus de production, et les patrons touchant les dividendes proportionnellement à leurs parts sociales.
L'Etat, en tant que garant de la justice sociale est donc intervenu progressivement pour mettre en place les mécanismes favorisant une redistribution des richesses entre les agents économiques. C'est dans cet esprit qu'ont été faites les loi sur l'intéressement et la participation. Avec le temps, les modalités de cette redistribution sont devenues complexes et l'efficacité de ce type d'intervention reste difficile à évaluer.
Dans les pays développés, la redistribution permet une certaine justice sociale...
Cette réflexion fait partie du cours de 1ere année d"éco géné...
Publié le 30/01/2008 à 12:00 par economiedroit
Il s'agit d'un point de vue fait par un parti politique qui s'appelle "France équité"
l'analyse qui est faite présente un intérêt pour la réflexion... Croissance, profit, partage...
Cette analyse est toute récente
Quel avenir ? développement ou profit ?
samedi 26 janvier 2008
De plus en plus nous ressentons les conséquences de l’ultra-libéralisme que l’économie française prend pour modèle.
De plus en plus la conscience de chacun se tourne vers une personnalisation individuelle avec l’espoir de jours meilleurs pour soi.
Le toujours plus de François De Closet est toujours d’actualité et tellement vrai que plus personne ne s’en offusque.
L’argent, le pouvoir et la consommation sont devenus les seuls attraits de notre société. La consommation (ainsi que son corollaire l’obsolescence des produits) est sur-développée et conduit à une course sans fin du toujours plus.
France-Equité dans son objectif de redonner plus d’équité entre les personnes ne condamne pas le libéralisme, mais son développement excessif qui devient pervers.
L’ultra-libéralisme, avec sa recherche du profit à tout prix, entraîne la paupérisation de la majorité, et l’accroissement de la richesse pour une minorité.
Notre gouvernement suit cette voie économique ainsi tracée et tente de gagner la confiance en appliquant par ci et par là des pansements.
Nous pensons qu’il faut une autre vision pour notre société, celles des valeurs plutôt que celle de l’économie : l’altruisme, la coopération, la vie sociale, la justice, la responsabilité, la différence,....
France-Equité prône ce que l’on appelle très incorrectement ’la décroissance’ et prétend y parvenir de façon graduelle et surtout pragmatique.
Avec les huit objectifs de changement : réévaluer, reconceptualiser, restructurer,
redistribuer, relocaliser, réduire, réutiliser, recycler, nous avons les éléments d’une nouvelle politique pour une réelle équité sociale.
Cela implique une évolution des mentalités, une révolution culturelle qui passe avant tout par l’Education, la Formation et la Prévention.
Les pays nordiques semblent avancer dans cette voie et ils sont en tête des études concernant le bien-être des habitants.
Notre programme est un tout qui propose un ensemble de dispositions pour nous permettre de prendre en compte l’avenir de toutes les personnes dans une société où le développement sera plus important que le profit et la croissance.
Si vous adhérez à notre vision, venez nous rejoindre. Pour nous faire entendre, il faut être nombreux.
Philippe DESMARIS
http://www.france-equite.org/spip.php?article33
Publié le 30/01/2008 à 12:00 par economiedroit
Voici des résultats calculés par l'etat, il date cependant de 1999...
2001-14.1 - Partage des profits et épargne salariale en 1999
1er avril 2001
Cet article se rattache à :
Epargne salariale
En 1999, 5,4 millions de salariés, soit 37 % de l'effectif des entreprises des secteurs marchands non agricoles, ont reçu une prime de partage des bénéfices au titre de la participation ou de l'intéressement.
Les entreprises ont distribué au total 46 milliards de francs, pratiquement à part égale entre les deux systèmes. Les primes moyennes avoisinent 6 200 francs dans les deux cas, avec un montant supérieur dans les petites entreprises et dans l'industrie.
Pourquoi appel t-on le partage salaire-profit une histoire conflictuelle
Parce qu'il y a divergence entre les intérêts des salariés et ceux du propriétaire de l'entreprise.
Les salariés veulent voir les salaires augmenter et le travail diminuer. L'entrepreneur veut dégager des profits pour investir davantage et améliorer sa compétitivité
Publié le 21/01/2008 à 12:00 par economiedroit
2008 année noire : ouverture
Cet article poursuit notre chronique macro-économique d’une crise économique annoncée, article disparate car il s’attarde sur les causes et le pilotage de cette crise, ainsi que sur ses liens avec la mondialisation. Il est bien possible que l’année 2008 voit la résurgence d’une querelle doctrinale, qui remonte au 18ème siècle, entre «mercantilistes» et «libre-échangistes», tant notre monde mondialisé est empli des idées de Smith. Querelle qu’à la lumière de la situation actuelle entre les Etats-Unis et la Chine, nous pourrions reformuler par aphorisme en: «dans la spécialisation des nations, l’esclavage est-il un avantage comparatif»?
Première partie : épilogue d’une année grise
Nous avions annoncé en mars 2007 une année 2007 grise et en octobre 2007 une année 2008 noire. Il n’y a pas eu de surprises. Considérons par exemple l’évolution de l’indice Dow Jones industriel. (Il n’est en rien lié à la crise financière, mais traduit un peu la manière dont l’économie réelle évalue l’impact de la situation macro-économique). De 2003 à 2006, tout se passait harmonieusement.
Mais l’année 2007 a jeté un froid.
Cette courbe serait plus spectaculaire, si on l’exprimait en euros, le dollar ayant dans le même temps perdu 10% de sa valeur relative. Sans analyse sophistiquée, on constate sur ces deux dessins qu’une force qui poussait gentiment à la hausse depuis 2003 vient d’affronter une force inverse, et que cela s’est traduit par une série de grands craquements. Le décrochage de mars a été causé par une déclaration de Greenspan sur une possible récession et par un décrochage brutal de la bourse de Shangai, qui a depuis repris sa progression explosive. Le décrochage d’août a été causé par l’illiquidité totale des emprunts immobiliers US à risque. Celui de novembre par le constat du fait que l’injection massive de liquidités par les banques centrales n’avait pas résolu le problème, et qu’il s’agissait donc plus d’un problème de solvabilité que de liquidité. Celui du décembre venait du constat de la contagion à l’économie réelle : augmentation du chômage US, baisse des ventes de détail. L’ensemble était rythmé par les déclarations de la FED sur des baisses de taux, et une baisse effective a lancé une des remontées.
La récession US a peut-être déjà commencé, bien qu’elle ne puisse être officielle que 6 mois après et que l’on ne saura sans doute jamais son début exact. Tous les symptômes sont là : baisse de la construction, de la production industrielle, des ventes de détail, du crédit, explosion du cours de l’or en dollar, etc ...
Revenons un peu en arrière, à partir de 1990 :
Il y a eu une accélération brutale à partir de 1995, qui a débouché sur la bulle de 2000 et le krach de 2002. Puis les choses sont reparties à partir de 2003, au moment où la FED a quasiment annulé ses taux directeurs. L’exubérance a repris doucement, pour recommencer à s’emballer à partir de 2006.
Depuis 1995, les Etats-Unis produisent beaucoup de monnaie, sous forme de crédits. Cette monnaie s’était portée sur les actions avec un engouement particulier pour les valeurs technologiques, qui ont quadruplé leur capitalisation constante entre 1995 et 2000. La chute du Nasdaq en 2002 a été beaucoup plus impressionnante que celle du DJI ci-dessus. La bulle a alors été transférée vers l’immobilier, favorisé par la baisse des taux. On critiquera encore longtemps Greenspan, mais il n’a fait que fournir au système ce qu’il réclamait et réclame encore aujourd’hui : du crédit facile. La bulle immobilière a permis alors aux ménages de continuer à consommer malgré leurs crédits de plus en plus élevés, car ils étaient persuadés d’être de plus en plus riches, à travers le prix des logements qui n’arrêtait pas de grimper.
Comment la création monétaire a-t-elle pu engendrer une hyper-inflation des actifs sans que cela n’entraîne une grande hausse des prix à la consommation ? L’explication provient de ce que Greenspan appellait « l’effet désinflationniste de la mondialisation », et que nous pourrions aussi appeler la désindustrialisation de l’Occident. Les produits de consommation sont de plus en plus importés, et sinon concurrentiels sur le marché mondialisé. Nous vivons une inflation à deux vitesses : une hyperinflation du capital et une déflation du travail. La recontre ultime entre les deux mondes se produit sur le marché immobilier, car les travailleurs doivent se loger. Les revenus du travail décroissent, et cela n’a été masqué que par un endettement de plus en plus grand. Les revenus du capital impliquent eux une croissance sans fin du crédit et de la surévaluation des actifs. C’est le mécanisme de la fracture sociale que la mondialisation induit chez nous.
La différence entre 2008 et 2002, c’est qu’il n’y a plus de joker aux Etats-Unis. Avec l’immobilier, on a gagé le dernier bijou de famille. Et avec le pétrole à 100$ le baril, on ne peut plus jouer sur les taux et laisser s’écrouler complètement le dollar. Pour la suite des événements, MM Bernanke et Trichet ont été, il me semble, assez clairs : ils ne baisseront les taux que sans danger d’inflation, car ils ne peuvent prendre le risque de déclencher une stagflation générale, et ils sont conscients du fait qu’il n’y a plus de réservoir de crédit ou d’activités. Ils ont joué leur dernière carte avec l’injection massive de liquidités. Leur dernier espoir de s’en sortir sans trop de casse est que l’économie des pays émergents continue à tourner et devienne sinon un facteur de croissance au moins de stabilisation. Et c’est là que nous allons pouvoir juger si les axiomes de la mondialisation fonctionnent ou pas.
Deuxième partie : aux sources de la crise - visite d’un temple
Cette crise est structurelle et est causée par la nature même du système financier anglo-saxon. Normalement, cette phrase doit me faire largement traiter d’anti-américain primaire. Aussi vais-je me contenter ici de citer un célèbre organisme altermondialiste, le Fonds Monétaire International. Le FMI a pour vocation de suivre l’économie mondiale et de répandre sur la planète les bienfaits du consensus de Washington sur lequel je reviendrai. Il a parfaitement rempli ces deux missions. Ainsi, dans son rapport sur les « perspectives de l’économie mondiale » de septembre 2006 (voir l’annexe sur le rapport entre systèmes financiers et cycles économiques), il explique et prévoit cette crise.
Il explique tout d’abord la différence entre la finance anglo-saxonne (finance de « libre concurrence ») et les autres : elle est beaucoup moins assise sur des rapports de responsabilité entre prêteurs et emprunteurs dans lesquels le prêteur s’assure de la solvabilité de l’emprunteur, et beaucoup plus sur une contractualisation entière. Morceaux choisis :
Dans les systèmes financiers de pleine concurrence, les ménages peuvent plus facilement emprunter pour financer leurs dépenses de consommation, mais sont aussi plus vulnérables aux chutes des prix des actifs. Les plus développés de ces systèmes, aux États-Unis et au Royaume-Uni par exemple, permettent aux ménages d’emprunter en s’appuyant sur la valeur croissante de leur logement, ce qui stimule la consommation et étaye une croissance économique vigoureuse. Cependant, cela se traduit aussi par un endettement plus élevé de ces ménages - 160 % du revenu disponible (en moyenne) en 2005 dans les systèmes de pleine concurrence, contre moins de 100 % dans les systèmes reposant davantage sur les relations emprunteur-prêteur. Dans les systèmes financiers de pleine concurrence, les ménages sont donc plus vulnérables à la hausse des taux d’intérêt et aux chutes des prix des actifs. À titre d’exemple, lors des épisodes précédents de crise immobilière dans ces pays, la croissance de la consommation a en général ralenti pour tomber d’une moyenne de 3 % au début de la contraction du marché à 0 % deux ans plus tard. Le fléchissement du marché du logement aux États-Unis est un risque clé .
Donc voilà expliquée la tendance anglo-saxonne à la création de bulles : on emprunte en s’appuyant sur la valeur d’actifs survalorisés par l’emprunt, système « pyramidal » classique. Voilà prévue la crise des subprimes qui a eu lieu un an après. Et voilà prévue l’issue de cette crise : la récession. Voici pourtant ce qui figure dans les prévisions du rapport :
En ce qui concerne la demande, un des risques principaux est que le ralentissement soutenu des marchés immobiliers dans les pays avancés pèse sur les bilans des ménages et la demande globale. Au stade actuel, les craintes concernent principalement les États-Unis, bien que d’autres marchés, comme celui de l’Espagne, de l’Irlande et du Royaume-Uni, semblent aussi surévalués selon la plupart des mesures conventionnelles. Selon l’édition d’avril 2006 des Perspectives, les prix moyens du logement aux États-Unis se situaient en 2005 de 10 à 15 % au-dessus du niveau correspondant aux données économiques fondamentales. D’après des données récentes, le marché s’affaiblit maintenant assez rapidement : les ventes de maisons, les demandes de crédit hypothécaire et les mises en chantier diminuent, et les hausses des prix des logements ralentissent. Pour la prévision de référence de la croissance américaine, il est supposé que la croissance des prix du logement continuera de ralentir.
Ralentir ? Pas s’inverser ? Tout l’art de la litote... Notons également ceci :
Les différences de système financier peuvent être un élément d’explication des déséquilibres mondiaux actuels. Aux États-Unis, de même qu’en Australie et au Royaume-Uni, le système financier a permis aux ménages d’augmenter beaucoup plus leurs emprunts que dans d’autres pays, ce qui a entraîné une baisse de l’épargne et un creusement du déficit extérieur courant. Les marchés financiers des États-Unis, complexes et liquides, ont aussi offert des possibilités d’investissement attrayantes aux épargnants étrangers, ce qui a aidé à financer le déficit américain. Ainsi, les investisseurs étrangers contribuent pour environ 10 % aux 8.000 milliards de dollars que représente le marché des titres adossés à des créances hypothécaires dans ce pays.
Voilà qui nous relate crûment que c’est bien le système financier US qui est responsable des « déséquilibres mondiaux », ce qui désigne US et Chine, et US et exportateurs de pétrole . Pourquoi le FMI ne s’émeut-il pas de ces bulles et crises annoncées ? Parce que c’est pour lui juste et bon, selon un dogme sur lequel il faut revenir.
Le « consensus de Washington » est une généralisation des idées d’Adam Smtih, que je suis obligé de caricaturer pour résumer : « l’augmentation des flux commerciaux est générateur de croissance le marché fait spontanément des choix optimaux, et les interventions des états dans le domaine économique sont contre-productives ». Moyennant quoi il faut s’efforcer de supprimer les obstacles à la libre-entreprise et au libre-échange : frontières et douanes, règlementations, droit du travail et tout autre droit qui ne protège pas que les entreprises, secteurs nationalisés, etc ... et il en ressortira le plus grand bien pour tous. C’est ce consensus qui a inspiré la réorientation de l’UE vers sa version actuelle. Le FMI a fidèlement suivi cette ligne en prônant privatisations, accords de libre-échange, démantèlement des droits du travail, des règlementations prudentielles, etc ... J’insiste bien sur le fait que cette théorie économique dite « classique » n’en est qu’une parmi d’autres.
Cela n’empêche pas le FMI d’en observer les conséquences avec une grande lucidité. Qui a écrit la phrase suivante : « depuis une vingtaine d’années, l’inégalité de revenu s’accentue dans la plupart des régions et des pays » ? Elle sort d’une annexe du rapport d’octobre 2007 du FMI. Ca n’inquiète pas le FMI, qui y oppose la constante augmentation du PIB mondial. Il est par contre inquiet des « déséquilibres mondiaux » cités plus haut, c’est à dire d’un déséquilibre commercial et monétaire croissant entre US, Chine et exportateurs de pétrole, dont il craint la résorption brutale. Il plaide pour une « adaptation des politiques macro-économiques », c’est à dire une baisse du niveau de vie occidental.
Finalement, la vision du FMI est la suivante : « oui, le capitalisme anglo-saxon est générateur de bulles, oui le libre-échangisme est générateur d’inégalités, mais ils sont aussi générateurs de croissance, et leur bilan global est positif, car ils permettent la croissance économique des pays émergents, le développement de la Chine, ce qui se constate avec une augmentation constante du PIB mondial ». Cette opinion est celle qui guide tous les dirigeants occidentaux depuis 10 ans.
Une version opposée serait la suivante : « la croissance de l’économie chinoise et des flux commerciaux est au fond une délocalisation d’activités occidentales tirée par la demande occidentale, qui n’est elle soutenue que par un endettement croissant, étant donné l’appauvrissement induit sur le marché du travail ».
La différence entre les deux est la question de savoir si la croissance mondiale est réelle ou bien une simple bulle monétaire. L’année 2008 va permettre de trancher entre ces deux visions.
Troisième partie : y a-t-il un pilote dans l’avion ?
Pour comprendre l’état d’esprit du pilote, nous allons simplement commenter ici les communiqués du FMI, qui donnent l’ambiance dans la cabine de pilotage.
Rapport sur les perspectives de l’économie mondiale septembre 2006
Les prévisions de référence pour la croissance de la production mondiale ont été révisées à la hausse en 2006 et en 2007. (...) En ce qui concerne la demande, un des risques principaux est que le ralentissement soutenu des marchés immobiliers dans les pays avancés pèse sur les bilans des ménages et la demande globale. Au stade actuel, les craintes concernent principalement les États-Unis, bien que d’autres marchés, comme celui de l’Espagne, de l’Irlande et du Royaume-Uni, semblent aussi surévalués selon la plupart des mesures conventionnelles.
Comité monétaire et financier 17/9/2006
Le Comité note avec satisfaction l’expansion vigoureuse et généralisée que connaît actuellement l’économie mondiale. La croissance devrait garder tout son dynamisme en 2007. Il existe cependant des risques de dégradation de la situation, qui tiennent à la possibilité d’une poursuite de l’accumulation de tensions inflationnistes, d’un ralentissement de la consommation dans un certain nombre de pays, de la persistance de cours élevés et instables de l’énergie et d’une montée du protectionnisme.
Tout va bien, à condition que l’immobilier US ne lâche pas trop, et que le pétrole ne monte pas trop.
Comité monétaire et financier 14/4/2007, juste après l’alerte de Shangai
Le Comité note avec satisfaction la persistance d’une expansion vigoureuse et généralisée de l’économie mondiale. La croissance devrait rester vigoureuse en 2007 et en 2008. La stabilité financière mondiale continue de reposer sur de solides fondements économiques. Les facteurs de dégradation qui doivent être surveillés en permanence tiennent à la possibilité d’une réévaluation des risques dans les conditions sur les marchés financiers internationaux, d’un ralentissement plus marqué que prévu de l’économie américaine et d’une résurgence des tensions inflationnistes résultant du rétrécissement des écarts de production ou d’une remontée éventuelle des cours du pétrole.
Bulletin du FMI 16/4/2007
Le repli du marché du logement aux États-Unis constitue l’un des risques les plus importants qui pèsent sur les prévisions. Depuis quelques mois, on constate quelques signes timides de stabilisation, au moins du côté de la demande, étant donné que les ventes de logements existants et les demandes de crédit se maintiennent et même augmentent. (...) Si les prix des logements ont continué de fléchir à l’échelle du pays, avec de véritables baisses de prix dans beaucoup de zones métropolitaines, les finances des ménages semblent toujours solides. Par conséquent, le FMI ne prévoit pas de fortes retombées des difficultés actuelles dans le secteur du logement, à condition que l’emploi et le revenu restent dynamiques.
Tout va bien, à condition que les problèmes de l’immobilier US n’aient pas d’impact sur l’économie.
Rapport sur les perspectives de l’économie mondiale juillet 2007
L’économie mondiale a poursuivi son expansion à un rythme soutenu au premier semestre 2007. Bien qu’aux États-Unis la croissance ait perdu de sa vitalité au premier trimestre, l’économie a repris de l’allant au deuxième trimestre. (...) La croissance mondiale devrait s’inscrire à 5,2 % en 2007 et 2008, soit 0,3 point de plus que projeté en avril 2007. (...) Les prévisions de croissance pour la zone euro, notamment l’Allemagne, et le Japon ont aussi été revues à la hausse. Globalement, la balance des risques pour les perspectives de croissance mondiale demeure légèrement orientée à la baisse, comme en avril 2007. (...) Tandis que la correction du secteur immobilier se poursuit, les risques globalement baissiers liés à la demande intérieure américaine se sont un peu estompés. (...) Des progrès ont été faits qui ont réduit le risque de correction désordonnée des déséquilibres mondiaux, encore que les pressions protectionnistes restent préoccupantes.
Les problèmes US sont plus embêtants que prévu, mais ça va s’arranger. Ne touchez pas aux dogmes.
Rapport sur les perspectives de l’économie mondiale octobre 2007 après les « subprimes »
La croissance mondiale a été vigoureuse au premier semestre de 2007, bien que les remous sur les marchés financiers aient assombri les perspectives. Si les prévisions pour 2007 n’ont guère été touchées, la projection de référence pour la croissance mondiale en 2008 a été révisée à la baisse. La croissance mondiale resterait quand même vigoureuse, portée par des paramètres fondamentaux généralement solides et une forte expansion dans les pays émergents.
Comité monétaire et financier 20/10/2007
Le Comité se félicite de la vigueur de la croissance mondiale au premier semestre de 2007. Il note que l’économie mondiale continue de reposer sur des paramètres fondamentaux solides et sur la croissance robuste des pays émergents et d’autres pays en développement. (...) Parmi les réformes structurelles qui permettront de tirer pleinement profit des occasions offertes par la mondialisation et les progrès technologiques devraient figurer la poursuite de la libéralisation du secteur des services dans les pays avancés.
La croissance est foutue en occident, mais elle va continuer dans les pays émergents. Accrochez-vous aux dogmes. Les pays émergents n’ont pas tout à fait le même avis, comme en témoigne ce communiqué à la même date du « G24 » du FMI, c’est à dire d’un groupe associé de 24 pays émergents.
G24 19/10/2007
Les Ministres observent que le marché américain des prêts hypothécaires à risque est vulnérable et que cela a des retombées sur les marchés financiers et l’économie réelle. Ils soulignent la nécessité pour le FMI d’améliorer la surveillance qu’il exerce sur les économies avancées en accordant autant d’attention à l’évaluation des faiblesses de ces dernières qu’à celles des économies de marché émergentes.
Traduction : « ça fait combien de temps que vous pinaillez sur nos petites législations commerciales, et vous avez laissé passer une bulle pareille aux US ? »
Désolé pour cette longue litanie. Elle fait simplement apparaître que le FMI a parfaitement diagnostiqué la crise, mais qu’il reste persuadé qu’au fond la croissance de l ’économie mondiale n’est pas liée à la bulle US et qu’elle lui survivra. C’est ce que l’année 2008 va nous permettre de vérifier ... ou pas.
En 2008, de deux choses l’une :
ou bien les libre-échangistes ont raison, et l’intensification des flux commerciaux ont permis de débuter en Chine une activité économique autonome, qui survivra à la fin de la demande US, auquel cas la récession sera occidentale, mais la croissance se poursuivra dans les pays émergents,
ou bien les libre-échangistes ont tort, le seul avantage comparatif de la Chine est la main d’oeuvre bon marché, et la récession sera mondiale.
Cette alternative ne pourrait être posée plus simplement que dans les derniers communiqués du FMI.
Quatrième partie : pardon, quelle est la destination de cet appareil ?
Il y a en tout cas une question qui ne semble plus trop se poser, qui est celle de la contagion à l’Europe.
L’étranglement du crédit est déjà une réalité pour les PME européennes.
Il faut sans doute s’attendre à une baisse des actions. Il y a un consensus pour dire qu’elles ne sont pas très surestimées, mais c’est en fonction de leurs résultats actuels, qui pourraient être entraînés à la baisse dans une récession. Et il reste quelques points d’exubérance, comme Google, valorisé à 50 fois ses bénéfices à 200 milliards USD.
Il faut ensuite observer l’immobilier européen. Les pratiques ont été les mêmes qu’aux Etats-Unis en Angleterre, Espagne, Irlande. C’est donc là que pourrait commencer le krach européen.
Il faut aussi observer les exportations allemandes. L’Allemagne est en effet le pays de l’UE qui exporte le plus hors UE, y compris vers les Etats-Unis. Si la baisse de la demande US doit se propager dans l’UE, cela devrait commencer par l’Allemagne. Mais il faut à mon avis porter une attention particulière au secteur pharmaceutique. En effet, la dépense qui a le plus augmenté aux Etats-Unis ces dernières années et qui a créé le plus d’emplois est la dépense de santé. Elle est en moyenne supérieure de 50% à celle de l’UE et augmente très vite. Une des conséquences en a été que beaucoup d’entreprises pharmaceutiques européennes se sont délocalisées aux Etats-Unis. Il me semble donc que l’industrie pharmaceutique mondiale est aujourd’hui singulièrement exposée.
Mais comme cela a été mentionné en conclusion de chacun des paragraphes précédents, la vraie inconnue est la contagion à la Chine. La croissance chinoise est-elle endogène, ou bien portée par la demande occidentale ? La vraie ampleur de la crise se verra en 2008 à Shangai.
On a vu que le FMI a beaucoup insisté sur les « risques protectionnistes ». Etant en effet persuadé que l’augmentation des flux commerciaux est générateur de croissance, le protectionnisme lui semble une voie vers la récession. Si au contraire la croissance chinoise a été une bulle délocalisée, un protectionnisme adéquat en temps utile aurait permis de la restreindre.
Pour autant, même si l’on souscrit à ce deuxième avis, tout est question de timing en macro-économie, et une montée du protectionnisme après la crise pour résoudre le problème de la paupérisation et désindustrialisation en occident que l’on penserait créés par le libre-échange serait tout à fait erronée. Souvenons-nous en effet que ce sont les pays qui s’étaient le plus engagés dans le libre-échange qui ont été le plus frappés par la crise de 1929. En particulier le Japon, pour lequel il me semble généralement admis que c’est la fermeture de ses marchés qui l’a précipité dans l’aventure militaire de 1936. Si donc par malheur la bourse de Shangai devait s’effondrer en 2008, il nous appartiendrait, pour éviter que la situation ne dégénère, de ne pas refermer trop brutalement nos frontières, comme la tentation en serait forte.
Agora vox le média citoyen
http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=34406
par Forest Ent (son site http://forestent.free.fr/ )
Publié le 21/01/2008 à 12:00 par economiedroit
AFP - lundi 21 janvier 2008, 18h10
La crise boursière s'amplifie dans le monde
La crise boursière s'est amplifiée lundi sur toutes les places mondiales dans la crainte de nouvelles pertes gigantesques pour le secteur financier et sous l'effet de la déception suscitée par le plan de relance annoncé par George W. Bush.
Les Bourses d'Europe ont plongé, subissant pour les principales leur plus forte baisse en une séance depuis le 11 septembre 2001. Londres a cédé 5,48%, Francfort 7,16%, Paris 6,83%, Madrid 7,54%, Milan 5,17% et la Bourse suisse 5,26%.
"C'est vraiment le +sell-off+", mouvement brutal de vente, a souligné Ronald Petitjean, gérant de Sarasin Expertise.
Les marchés américains étaient fermés lundi, jour férié, ce qui aurait dû modérer les volumes dans le reste du monde. Mais le montant des transactions a été au contraire très élevé, signe d'une grande nervosité.
Les Bourses d'Asie avaient lancé le mouvement, avec des chutes impressionnantes: 3,86% à Tokyo, 5,14% à Shanghai, 5,49% à Hong Kong, ou encore 2,95% à Séoul. Bombay, qui le 8 janvier battait son record absolu, a chuté de 7,41%.
L'inquiétude concerne à la fois la santé des banques à travers le monde à la lumière de la crise des crédits hypothécaires américains mais aussi les conséquences sur la croissance économique américaine et mondiale.
Le directeur général du Fonds monétaire international (FMI) Dominique Strauss-Kahn a semblé accréditer la thèse d'une large propagation de la récession américaine en affirmant que la crise financière en cours était "sérieuse" et qu'elle pouvait affecter les pays émergents.
"La situation est une situation qui est sérieuse (...) tous les pays du monde souffrent du ralentissement de la croissance aux Etats-Unis, enfin tous les pays développés", a-t-il dit à la presse à l'issue d'un entretien avec le président français Nicolas Sarkozy.
"Il n'est pas impossible que, même sur les pays émergents, ça ait un certain effet, que la croissance soit moins forte que celle qui était prévue", a-t-il ajouté.
Les investisseurs se sont montrés sceptiques face à l'annonce vendredi par le président américain George W. Bush d'un plan de relance de plus de 140 milliards de dollars qui n'a toutefois pas été détaillé.
"Il y a une déception, puisque le plan ne s'adresse pas aux risques financiers. C'est un plan classique de relance par la consommation", a affirmé à l'AFP Jean-Louis Mourier, économiste pour la maison de courtage française Aurel.
"Les Bourses n'ont pas apprécié, semble-t-il, le paquet proposé par le président Bush", a renchéri M. Strauss-Kahn.
A Bruxelles, le commissaire européen aux affaires économiques et monétaire Joaquin Almunia a noté que "les marchés (semblent) envisager la possibilité d'un ralentissement plus prononcé" qu'attendu de la croissance aux Etats-Unis, "peut-être même une récession".
"J'espère qu'ils vont aussi prêter attention aux informations sur l'économie réelle, en particulier en Europe, et qu'ils vont retrouver leur calme", a-t-il ajouté, avant une réunion des ministres des Finances de la zone euro.
Pendant que le pessimisme gagne les marchés sur le plan économique, les mauvaises nouvelles continuent de tomber concernant le secteur financier.
Après beaucoup d'autres, la banque allemande WestLB a annoncé lundi une perte nette de 1 milliard d'euros en 2007.
La Bourse est aussi préoccupée par la situation des "rehausseurs de crédit", ces sociétés dont le métier est d'assurer les émetteurs d'obligations qui ne peuvent fournir toutes les garanties possibles aux marchés financiers.
Le plus important d'entre eux, l'américain Ambac, a annoncé mercredi qu'il allait lever plus d'un milliard de dollars auprès d'investisseurs, avant de renoncer vendredi à cette recapitalisation, citant notamment les "conditions de marché actuelles".